23/05/2011

Flawinne: son fils a été abusé par un curé

Namur tribunal correctionnel

Une des mamans des victimes du prêtre pédophile raconte

Le procès de Gilbert H., 51 ans, reviendra devant le tribunal correctionnel de Namur le 22 septembre prochain. L’ancien curé de Flawinne (Namur) est poursuivi pour attentats à la pudeur sur trois garçons âgés de 12 ans, à peine.

Ces faits de pédophilie qui secouent une nouvelle fois l’Église sont, comme ceux dénoncés jusqu’ici, assez anciens. Ils remontent à près de vingt ans. Ils auraient été commis entre janvier 1992 et janvier 1993, à l’époque ou Gilbert H (51 ans, aujourd’hui), officiait à la paroisse de Flawinne.

Pendant cette période, le prêtre aujourd’hui sans attribution sacerdotale, est en aveux d’avoir caressé le sexe de jeunes communiants qu’il hébergeait lors de retraites organisées chez lui. “ J’ai énormément de honte et de remords ”, avait-il dit voici quinze jours lors de l’instruction d’audience.

Si l’affaire, qui revenait hier devant le tribunal de Namur, a tant tardé à venir devant la justice, c’est parce que la plainte, qui est à l’origine de ce procès, n’a été déposée qu’en 2007. “ Mon fils Julien ne voulait pas en parler ”, se souvient Rachel, la maman (NDLR: les deux prénoms ont été volontairement modifiés à la demande de la mère et du fils). “ Un jour de 1992, mon fils, qui était âgé alors de 12 ans, est rentré à la maison et m’a dit qu’il ne voulait plus aller chez ce curé parce qu’il lui caressait les cheveux. je lui ai dit “ et bien n’y va plus ”, sans penser à mal. Et cela en est resté là.”

Pendant deux ans, Julien a gardé pour lui ce qu’il avait subi. Jusqu’au jour où il a craqué. “ Il m’en a parlé après avoir revu des lieux de cette époque. C’était au moment où il cherchait un local de répétition pour son groupe de rock. Tout lui est revenu ”.

Julien a supplié sa maman de ne pas porter plainte. Pas de publicité. Surtout pas. Rachel a respecté ses souhaits de discrétion. Elle n’a pas appelé la police. “ Mais c’était plus fort que moi, j’ai quand même téléphoné à l’Evêché pour dénoncer ce qui s’était passé. Et là, on m’a dit, pas de problème on va le mettre à l’écart. ”.

Et c’est ce qui s’est passé. Gilbert H. a été retiré de la paroisse de Flawinne.

Mais en septembre 2007, nouveau coup de tonnerre: à la fête de la petite école fondamentale de Flawinne, Julien aperçoit le prêtre dans le public. “ Il m’a téléphoné immédiatement: “ maman, ce n’est pas possible, il a osé revenir ici ”. Mon fils avait aussi appris que le prêtre avait été déplacé dans une paroisse avec enfants. C’est ça qui l’a décidé à porter plainte pour éviter d’autres abus.

Reporté au 22 septembre

Pendant son séjour à Flawinne, le prêtre a fait au moins quatre victimes, deux à Flawinne, et une à Beauraing. Pour la quatrième, les faits sont prescrits.

Vu l’ancienneté des faits, le ministère public a requis voici quinze jours une peine de 18 mois de prison avec sursis probatoire. Le jugement aurait dû être prononcé hier matin.

Mais avant de se prononcer, le tribunal a souhaité demander un avis motivé à l’expert psychiatre pour évaluer la faisabilité du sursis probatoire. L’affaire reviendra le 22 septembre.

L’ancien curé de Flawinne, Gilbert H. attirait beaucoup de jeunes chez lui.

http://archives.sudpresse.be/namur-tribunal-correctionnel...

13:05 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Un prêtre pédophile de Bocholt condamné à 8 ans de prison

L'ancien curé de Bocholt et Overpelt avait abusé pendant plusieurs années d'une fillette et un garçon légèrement handicapé

BOCHOLT Le tribunal correctionnel de Tongres a condamné jeudi un prêtre pédophile à huit ans de prison. L'ancien curé de Bocholt et Overpelt avait abusé pendant plusieurs années d'une fillette et un garçon légèrement handicapé.

Le 14 avril dernier, le ministère public avait requis cinq années d'emprisonnement, mais en infligeant une peine plus sévère, le juge a voulu souligner la gravité de tels faits.

L'une des parties civiles y voit un signe positif et un signal clair du juge, tout en soulignant qu'une peine plus sévère ne modifiera rien pour son client, marqué à vie.

Le prévenu a aussi été déchu de ses droits pour 10 ans.

© La Dernière Heure 2011  

http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/353448/un-...

13:03 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Il me disait “Laisse-toi faire !”

Joël Devillet est venu raconter haut et fort son calvaire

Joël Devillet n’est pas une des parties civiles du procès qui nous occupait hier. Et pourtant, le prêtre qui se trouvait sur le banc des prévenus, il le connaît bien ! Lui aussi a été victime de ses attouchements et de ses viols quand il avait 14 ans.

C’était en 1987. Gilbert H. en était à ses débuts de prêtrise. Il avait 27 ans et était alors vicaire à Aubange. “Il accueillait beaucoup de jeunes chez lui. Il me prenait sur ses genoux et ça dégénérait. La première fois, il me caressait la tête. La deuxième fois, il me caressait au-dessus des vêtements, puis en dessous. Et après… il arrivait aux parties intimes !”, explique-t-il.

Il se souvient des moindres détails, comme si c’était hier. “Il me disait de me laisser faire ! Il faisait ça régulièrement. Et le pire quand on est dans cette situation, c’est qu’on laisse faire parce qu’on se sent coupable de ne pas avoir dit non plus tôt.”

Son calvaire a duré quatre ans. “En 1991, j’ai écrit à l’évêque de Namur que le vicaire d’Aubange faisait des choses qu’il ne fallait pas. Je n’ai reçu aucune réponse. Monseigneur Léonard était au courant et n’a rien fait !”

Gilbert H. a alors été muté à Flawinne, d’où il est écarté en 1997 pour “comportements inadaptés vis-à-vis de jeunes garçons”. Joël reste très amer envers celui qui a été évêque de Namur depuis près de vingt ans et a toujours reproché à l’Église d’avoir étouffé l’affaire. “Les prêtres pédophiles sont des manipulateurs hors pair”, a-t-il ajouté, avec aversion.

En 2001, Joël a déposé plainte, mais, à l’issue de la procédure pénale en 2004, le tribunal correctionnel d’Arlon a prononcé la prescription des faits. “En 2005, j’ai déposé plainte au civil. La suite du procès est prévue pour octobre.”

Joël a déjà pensé à maintes reprises à aller “régler ses comptes” avec son abuseur, mais il pense à son avenir. Il espère surtout que ces faits sordides seront reconnus et que, grâce à son témoignage, d’autres personnes oseront révéler avoir été des victimes elles aussi.

J. Dx

http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=1149871

13:02 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/05/2011

La "face cachée" de l’abuseur

Il répond, vingt ans plus tard, d’attentats à la pudeur sur des garçons.

Pour Didier (*), c’est trop tard : les attouchements dont il a été victime en 1990, soit lorsqu’il avait 12 ans, sont bel et bien prescrits. Tout ce qu’il a pu faire jeudi, c’est être entendu comme témoin devant le tribunal correctionnel de Namur qui juge son abuseur, un prêtre qui n’a aujourd’hui plus aucune fonction. Gilbert H. a, en effet, été écarté, à l’issue d’un procès canonique, de toute fonction sacerdotale, comme l’a expliqué son avocat devant le tribunal.

Ce prêtre officiait dans une paroisse de la région namuroise au début des années 90. Il prenait sous son aile de nombreux garçons. Certains, qui connaissaient des difficultés dans leur famille, ont parfois logé chez lui. Il a organisé des retraites pour des enfants qui devaient faire leur confirmation. C’est au cours de ces nuits passées chez le prêtre ou au cours de séjours à Chevetogne, que les garçons ont subi les abus de Gilbert. Vu l’âge des victimes, ces attentats à la pudeur ont été qualifiés avec violences et menaces. La circonstance aggravante d’autorité sur les victimes a été retenue. Les abus consistaient en des caresses, allant jusqu’à la masturbation, dans la baignoire, au cours du bain ou lorsque l’enfant dormait.

"Gilbert avait toujours été quelqu’un de gentil, de sympathique. Et il y avait une face cachée derrière cela. Personne n’a rien exprimé. Par peur peut-être", dit Didier. Il n’en a pas parlé à sa famille, ou alors de manière indirecte, car il ne se sentait pas prêt. Aujourd’hui, il a des enfants et ne voudrait pas que cela leur arrive. Mais il ne peut oublier : "Chaque fois que j’entendais parler de pédophilie, j’allais me bourrer la gueule pour ne pas infecter les plaies qui ne se sont jamais refermées", explique-t-il. Cet homme, qui dit que ces abus ont contribué à le fermer sur lui-même, a envie d’oublier "mais je n’oublierai pas. Il est trop tard", confie-t-il, fataliste.

Si les faits sont bel et bien prescrits pour Didier, abusé à deux reprises, ils ne le sont pas pour deux, et peut-être trois autres garçons qui ont été identifiés. Dont un, Victor (*), a subi des attouchements en même temps que Didier. C’est d’ailleurs lui qui a porté plainte en 2007, lorsque le prêtre, qui avait été écarté, est revenu dans sa paroisse.

Mais selon l’avocat des parties civiles, il pourrait y avoir bien d’autres victimes.

Gilbert H. ne conteste pas avoir abusé ces trois garçons. Il a ainsi expliqué qu’il avait été écarté de la paroisse par l’évêché en 1997. Mais pas pour les faits qui lui valent de se retrouver devant le tribunal. "De ce qui m’a été dit, ce sont des comportements inadéquats, notamment à la piscine. C’était une mesure de prévention", dit-il. Interrogé par la présidente, il ne peut dire s’il y a eu d’autres victimes que celles qui ont été identifiées. "Mon comportement avec les enfants était inadéquat. Beaucoup de jeunes sont venus chez moi", reconnaît-il. Il est toujours en thérapie : "Ce travail m’a fait comprendre les déviances que j’avais à ce moment-là." Il est aujourd’hui éducateur pour des adultes, principalement SDF. "Quand j’ai été renvoyé, j’ai trouvé ce travail", explique-t-il.

Et pour son avocat, Me Karl Steinier, Gilbert ne doit pas pâtir du climat actuel qui se braque sur les faits de pédophilie commis par des prêtres. Les faits sont anciens et très limités dans le temps. Aucun risque de récidive n’existe et son client a déjà été cloué au pilori, victime au quotidien du harcèlement de Joël Devillet, une victime de Gilbert à la fin des années 80, alors qu’il était prêtre ailleurs. "Faut-il encore sanctionner aujourd’hui ?", s’est interrogé Me Steinier avant de demander une suspension du prononcé.

Soit une peine trop légère aux yeux de la représentante du ministère public, Régine Cornet d’Elzius, qui note que le prévenu n’a jamais reconnu la masturbation, parlant simplement de caresses. Elle s’interroge également sur l’existence éventuelle d’autres victimes car Gilbert était très apprécié dans la paroisse. Il y a eu deux clans une fois que les faits ont été dénoncés et certains n’osaient pas parler. La procureur du roi a requis dix-huit mois de prison avec sursis.

"Je ne minimise pas les faits mais je n’accepte pas qu’on les exagère. J’éprouve honte et culpabilité. J’ai fait beaucoup de travail sur moi-même. J’ai beaucoup de regrets", a dit Gilbert lorsqu’il a été invité à s’exprimer avant la clôture des débats.

Jugement le 12 mai.

(*) Les prénoms ont été modifiés.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/657535/la-fac...

11:35 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

"Alles Quatsch"

"Alles Quatsch"

»Foutaises« - »Alles Quatsch«. Joël Devillet ist wütend. Der 37-Jährige aus Aubange (Provinz Luxemburg), Mitglied der Arbeitsgruppe »Menschenrechte in der Kirche«, kann der Arbeit und den Empfehlungen der parlamentarischen Sonderkommission nichts Gutes abgewinnen. »Reiner Zeitverlust. Niemand wird zur Verantwortung gezogen. Die stecken doch alle unter einer Decke. Die Kirche hat einfach zu viel Macht«, lautet sein Urteil. »Die einzigen, die jetzt zufrieden sind, sind die Bischöfe, sie kommen mit einer weißen Weste davon.« Devillet hatte sich eine Untersuchungskommission mit anschließenden Sanktionen gewünscht. Und die Absicht, die Entschädigung von Opfern über eine Schiedsinstanz zu regeln? »Eine Mogelpackung. Entschieden wird von Fall zu Fall, so dass unter den Opfern auch welche leer ausgehen werden.« Die Verlängerung der Verjährungsfrist auf 15 Jahre? »Blödsinn. In der Praxis wird die Frist doch auf fünf Jahre gekürzt.«

Joël Devillet ist selbst von einem Priester missbraucht werden. Das war in den Jahren 1987 bis 1991 in seinem Heimatort. 20 Jahre später hat er den Kampf vor den Gerichten noch nicht aufgegeben. Nachdem die Taten vom Strafgericht Arlon im Jahr 2004 für verjährt erklärt worden waren, reichte er eine Zivilklage gegen Mgr. Léonard, damals Bischof von Namur, ein. Devillet ist der Meinung, dass der heutige Erzbischof sein Engagement ihm gegenüber nicht eingehalten hat.

http://www.grenzecho.net/zeitung/aktuell/schlagzeilen_det...}



11:32 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L’abbé Borremans sera rejugé

Condamné à 2 ans de prison ferme, le prêtre avait été interrogé sans avocat

BRUXELLES Hier, le prononcé de l’arrêt de la Cour de cassation dans le dossier Borremans a été ressenti comme une nouvelle secousse sismique dans les milieux judiciaires.

Non seulement l’abbé Robert Borremans, 57 ans, devra être rejugé. Mais, en outre, c’est la première fois, dans l’histoire judiciaire belge, que la Haute Cour retient comme vice de procédure l’absence d’un avocat pendant des interrogatoires.

C’est la conséquence de l’arrêt Salduz de la Cour européenne des droits de l’homme qui exige cette présence. “Je ne dirai rien, sans la présence de mon avocat !”

Cette formule bien connue des amateurs de thrillers n’avait, jusqu’à hier, aucune valeur en Belgique. Contrairement à bien d’autres pays, la présence d’un avocat n’était pas requise pour les interrogatoires de police ou même devant un juge d’instruction. C’est une nouvelle révolution, après la réforme de la cour d’assises. Du travail pour les avocats, certes. Mais aussi des moyens considérables qui devront être débloqués dans le budget de la Justice.

Borremans s’était fait connaître du grand public en dirigeant les chœurs, pour le mariage du prince Philippe avec la princesse Mathilde, en 1999. À cette occasion, plusieurs personnes s’étaient émues de sa présence lors d’un événement aussi important, alors qu’il faisait déjà l’objet de poursuites judiciaires dans des dossiers de mœurs.

Un premier dossier relatif à deux attentats à la pudeur sur des mineurs avait abouti à un acquittement, en 2004, devant la cour d’appel de Bruxelles, les juges ne retenant qu’un outrage public aux mœurs.

Le prévenu a, par ailleurs, bénéficié d’une simple déclaration de culpabilité dans un dossier financier. Le présent dossier, qui lui a valu une condamnation à 2 ans ferme, en avril dernier, est relatif à des viols et à des attentats à la pudeur perpétrés pendant 12 ans, entre 1989 et 2001, sur un garçon âgé de 6 ans, au moment des premiers abus.



Jean-Pierre De Staercke  

http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/335767/l-a...



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Un prêtre écarté pour avoir des photos nu sur internet

Le diocèse de Gand a mis le curé de cinq paroisses de Herzele à l'écart pour une durée indéterminée après que des photos de l'homme nu se sont retrouvées sur internet. Plusieurs paroissiens se sont plaints mais il n'est pas encore question de plaintes auprès de la justice.

Le curé apparaîtrait, selon les plaintes, dans des positions obscènes. Il se serait également déshabillé devant une webcam lors d'une session chat avec un mineur.

Le diocèse a dès lors écarté le curé et désire qu'il bénéficie d'un accompagnement adapté. (belga/vs)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1...

11:28 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L'heure des comptes

L’émission récente passée à la RTBF, "Coupables d’indulgences", nous apprend que l’Eglise aurait pris conscience de l’ampleur du problème de la pédophilie de ses prêtres seulement en 2010. Il est vrai que le pape Benoît XVI a manifesté au cours de l’année dernière son accablement devant tous ces faits scandaleux. Il ne faut cependant pas être dupe de cette consternation très tardive. Il y a plus de dix ans, voire plus de vingt, que toute personne quelque peu informée savait que le Vatican était assis sur un baril de poudre et tentait en vain d’éteindre la mèche. La hiérarchie catholique restait sourde à tous les cris et espérait encore arriver à étouffer ou à minimiser le phénomène. Dans mon livre, paru en 2000, j’y annonçais que la seule mesure efficace consiste à dénoncer, à la justice civile de chacun des pays, les clercs fautifs d’actes de pédophilie. Il a fallu près d’une dizaine d’années encore pour assister enfin à un revirement, hélas contraint et forcé par les médias. Les évêques se cachaient derrière la lettre honteuse de septembre 2001 du cardinal Castrillon Hoyos, alors préfet de la Congrégation pour le clergé, serviteur zélé du cardinal Ratzinger, qui diffusait un message à tous les diocèses du monde dans lequel il félicitait l’évêque français de Bayeux-Lisieux de ne pas avoir dénoncé à la justice de son pays un prêtre pédophile, et ce "pour encourager les frères de l’épiscopat dans ce domaine si délicat". Ce prêtre pédophile avait été condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle. Et un an plus tard, l’évêque français Mgr Pican a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour non dénonciation aux autorités des actes répréhensibles commis par ce prêtre. La vraie politique du Vatican était bien, dans ce domaine, de tout cacher et de ne pas dénoncer un clerc pédophile. Que de temps perdu. Le problème en Belgique sera de détecter la manière dont les affaires ont été étouffées. En Irlande, le second rapport, celui de Mme Murphy, paru fin novembre 2009, a expliqué comment, dans l’archidiocèse de Dublin, la hiérarchie catholique a systématiquement étouffé ces abus. Six évêques ou évêques-auxiliaires mis en cause ont présenté leur démission. La même démarche devrait être entreprise en Belgique. Ensuite viendront les indemnisations. Au Canada, des centaines de cas de pédophilie ont été révélés. En 2002, l'Eglise catholique et l'Etat canadien ont versé soixante millions d'euros aux victimes en guise de dédommagement. Récemment, six victimes ont perçu chacune l’équivalent de 200 000 euros. Aux Etats-Unis, chaque victime aurait touché une somme de l’ordre de 160 000 euros. En Irlande, l’Eglise catholique devrait payer près de la moitié des dédommagements (évalués à 1,3 milliards €) aux douze mille victimes de sévices sexuels pédophiles commis par des prêtres. La moyenne à charge de l’Eglise et de l’Etat serait d’environ 100 000 euros par victime. Dix-huit congrégations religieuses seront mises à contribution. En Allemagne, les indemnités n’ont pas encore été évaluées. Une association réclamerait 80 000 euros par cas, alors que l’Eglise annoncerait 5 à 10 000 euros par victime. En Belgique, on parle de quatre cents victimes. Si l’on prenait la moyenne évoquée en Irlande, pourrait-on atteindre la quarantaine de millions d’euros? Personne n’ose citer de pareils chiffres. L’Eglise belge espère-t-elle s’en tirer à moindre coût et limiter les frais à une dizaine de millions d’euros? C’est fort probable. A titre de comparaison, les traitements et les pensions des ministres du culte catholique sont annuellement de l’ordre de 110 millions d’euros. Devant des vies brisées, les responsables hiérarchiques catholiques peuvent-ils se contenter de s’engager à participer uniquement aux frais de thérapie des victimes? N’y va-t-il pas d’une certaine décence?

Raphaël JACQUERYE

Auteur de “Tempête au Vatican

http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/652879/l-he...

11:26 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

"Dégoûtant", comme "une gifle à la face des victimes"

La plupart des députés flamands qui ont participé à la Commission parlementaire sur les abus sexuels commis dans une relation d'autorité se sont indignés des propos tenus par l'ancien évêque Roger Vangheluwe.Les évêques de Belgique doivent donner un signal et prendre leurs distances avec M. Vangheluwe, estime Renaat Landuyt (sp.a) qui a dénoncé une minimisation des faits. "Il doit être très douloureux pour les victimes de constater que rien n'a changé chez l'intéressé", a-t-il souligné.

Siegfried Bracke (N-VA) dit espérer que l'interview n'est pas "représentative de l'Eglise". Le député regrette que l'ancien évêque n'établisse pas un lien spécifique entre l'Eglise et les abus. "L'Eglise est quand même une institution qui, par excellence, est fondée sur des valeurs", a-t-il ajouté.

Le vice-président de la Commission, Stefaan Van Hecke (Groen! ), n'a pas mâché ses mots: "Dégoûtant", a-t-il lancé. Selon lui, le prêtre n'a pas paru affecté par ces faits: "Une gifle à la face des victimes".

La vice-présidente Carina Van Cauter (Open Vld) a quant à elle dénoncé "une absence totale de sentiment de culpabilité".

De son côté, le sénateur Rik Torfs (CD&V) a estimé que Roger Vangheluwe n'aurait pas dû s'exprimer et que "c'est un homme qui a un problème". "En parlant aussi superficiellement de ces affaires, il ne rend pas service à l'Eglise", a-t-il ajouté, tout en considérant que l'interview montre que l'ancien évêque n'a pas pris conscience de ses actes. "C'est particulièrement douloureux pour les victimes", a-t-il encore dit. (belga/7sur7)

 

11:24 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

"Vangheluwe n'a toujours pas compris qu'il est un criminel"

L'interview de l'ancien évêque de Bruges Roger Vangheluwe qui semble minimiser les actes sexuels qu'il a eus avec des mineurs est "la plus écoeurante que j'ai pu lire depuis longtemps", a réagi jeudi soir la députée Karine Lalieux (PS), qui a présidé la Commission spéciale sur les violences sexuelles commises sur des mineurs notamment par des gens d'Eglise. La députée dénonce l'absence de réaction de l'Eglise depuis le dépôt du rapport de la Commission.La Commission spéciale de la Chambre a rendu ses conclusions depuis deux semaines et depuis lors l'Eglise se tait dans toutes les langues, a fait observer la députée. "La seule réaction que nous ayons à ce jour est celle de M. Vangheluwe, les 70 pages de notre rapport démontrent que l'Eglise a voulu étouffer sa responsabilité, que faut-il en conclure si aujourd'hui elle ne condamne pas", s'interroge Mme Lalieux.

Tribunal arbitral
Dans ce type d'affaires, "il n'y a que la justice des hommes qui peut se prononcer, ce qui arrive démontre la nécessité de mettre en place au plus vite un tribunal arbitral", a souligné la présidente de la Commission spéciale.

Sentiment d'impunité
"Aujourd'hui, M. Vangheluwe témoigne de ce qu'il n'a toujours pas compris qu'il est un criminel, et que les crimes sont du ressort du droit pénal. Il continue à relativiser, presqu'en riant. Il a le sentiment d'une totale impunité et la douleur doit être terrible pour l'ensemble des victimes. Les sanctions de l'Eglise ne sont que des pseudo-sanctions", a jugé Karine Lalieux, dénonçant la "protection" dont il a pu bénéficier de la part de la hiérarchie ecclésiastique. (belga/7sur7)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1...

11:23 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La traduction de l'interview de Vangheluwe: "Oui, cela s’est aussi un peu produit avec mon autre neveu"

Je vous souhaite beaucoup de courage et d'honnêteté pour cet entretien. Je vous avais demandé cette interview et vous y avez longuement réfléchi avant de vous décider. Qu'attendez-vous de cet entretien ?

"Je voudrais d'abord dire à quel point toute cette affaire m'attriste et me désole profondément. Depuis l'an dernier, je me suis excusé à plusieurs reprises par écrit pour ce que j'ai fait, et je tiens expressément à le refaire devant la caméra. Je veux faire savoir à mon neveu, à ma famille et à toute la communauté religieuse que ce que j'ai fait est très grave, et que cela a déçu, contrariés ou attristé beaucoup de gens. Je voudrais dire que je compatis dans la mesure du possible."

J’irai droit au but. Vous avez abusé de votre neveu lorsqu’il avait cinq ans, et ce jusqu’à ses dix-huit ans. Comment cela a t’il commencé?

"Je ne dirai pas grand-chose à ce sujet. Lorsque nous allions rendre visite à la famille, il n’y avait pas tellement de place pour dormir, et il y avait donc toujours quelqu'un qui dormait avec moi. Au fil des ans, tous les neveux ont dormi avec moi. C’était également le cas avec le neveu en question, et à un moment donné cela a commencé avec ce garçon, un peu comme un jeu ;, je dirais. Et en fait, ce n'est pas allé beaucoup plus loin. Il n'a jamais été question de viol ou de quelque chose de ce genre, je n'ai jamais usé de violence physique, et tout cela est resté assez superficiel. Il ne m'a jamais vu nu, je n'ai jamais été nu, mais à part cela, je n’ai pas envie d’en dire plus."

Le terme abus sexuel peut être interprété de diverses façons et nous avons besoin de savoir de quoi nous parlons. N’y a t-il jamais eu pénétration?

"Non, je n'ai jamais été nu, donc cela n’aurait pas été possible."

Pas d'orgasme non plus?

"Non, jamais."

Combien de fois cela s'est il passé, à quelle fréquence aviez-vous eu ce contact physique sexuel avec votre neveu?

"Quand j'étais là-bas ou lui chez nous, donc quelques fois par an, pour les jours fériés. Il y avait toujours de la compagnie, mais il y avait toujours bien un moment où nous nous retrouvions seuls, et peu à peu, c’est devenu une habitude. Je dois dire que je ne me comprends pas bien moi-même. Je ne comprends pas comment j’ai pu faire de telles choses pendant tout ce temps".

Il n’y avait pas une voix qui vous disait: "Non, je ne peux pas"?

"Bien sûr, je savais que ce n'était pas bien. Je l’ai d’ailleurs souvent avoué à mon confesseur. Selon moi, cela n'avait rien à voir avec la vraie sexualité. Je me suis beaucoup occupé d'enfants dans les plaines de jeux. Je n'ai jamais ressenti la moindre attirance pour un enfant. Même jusqu’à ce jour. Mais de ma part, c’était un peu d'intimité avec lui, qui avait lieu chaque fois que nous nous voyions. Et dont nous disions ensuite: ce n’est pas possible, on ne peut pas".

Vous dites: pas de sexe, mais il avait quand même attouchement des organes génitaux?

"C'est vrai. Mais je veux dire ce n'était pas du sexe brutal. De l’intimité sexuelle, si vous voulez."

Comment cela est-il arrivé au grand jour?

"À un certain moment, mon neveu m’a dit de façon assez décidée qu'il ne voulait plus. Quand il me l’a dit, cela s’est effectivement arrêté. Et ce n'est que quelques années plus tard qu’il a commencé à en parler. D’abord à ses parents, et peu de temps après, mes frères et sœurs le savaient aussi. Nous en avons souvent parlé ensemble, pour savoir comment on allait continuer. Et avec mon neveu également, j’en ai parlé."

Quelle fut la réaction du père de votre neveu, de votre frère donc?

"Eh bien, il a évidemment été très surpris et bouleversé de savoir que cela se soit produit. Il était étonné de ne pas s’en être douté. Cela se passait toujours en société. Il a dit que c’était très grave, mais après un certain temps, il a également dit que nous devions être capables d’apprendre à vivre avec. Et il a appris à vivre avec."

A cette époque, il n’était pas question d’amener l’affaire sur la place publique?

"Au contraire. Le souhait général de la famille était que cela ne devienne pas public. Aujourd'hui, et cela me cause une douleur incroyable, il y a des tensions dans la famille qui sont dues au fait que cela ait été rendu public. Parce qu'ils en subissent les conséquences et parce qu'ils avaient espéré et pensé: Bon, c'est arrivé, nous en avons discuté ensemble, nous allons tenter de vivre avec et c’est quelque chose qui doit rester entre nous. "

Avez-vous jamais versé de l'argent à votre neveu pour qu’il ne parle pas de cette affaire en public?

"Non. De temps à autre, il me demandait un peu d'argent et parfois une grosse somme. "

De quel montant?

"Oh, en tout cas quelques fois un million de francs belges." (25.000 €)

Au total ? Ou en plusieurs fois?

" En plusieurs fois."

Et n’était-ce pas une façon d’acheter son silence?

"Non, il me disait qu’il avait beaucoup de frais. Il était invalide depuis un moment. Il souffrait du dos parce qu'il avait conduit des engins lourds. Il était sans emploi. Il me disait qu’il n’avait pas la vie facile. Il désirait acheter un terrain et ce genre de choses. Je l’ai aidé un peu, parce que je me disais : je lui ai fait du tort, maintenant je vais l’aider dans la mesure de mes possibilités, afin de pouvoir mieux vivre. Je lui ai dit à plusieurs reprises : je ne te force pas à garder le silence. Si tu penses que cela doit être rendu public, alors tu dois le faire.

Il y aurait également eu l'abus d'un autre neveu. Qu'en est-il?

"Au début, lorsque cet autre petit neveu dormait avec moi, cela s’est également passé un peu. Mais cela s'est arrêté assez rapidement. "

Qu'entendez-vous par "assez rapidement"?

"Quelques fois, à quelques reprises. Pas pendant des années."

Et puis il y a encore ...

"Ça ce n'est rien, rien, rien. Vous ne devez pas continuer, il ne s’est rien passé d’autre."

Cette nièce qui aurait été abusée, ce n'est pas vrai?

" Je ne comprends pas comment on ose dire ce genre de choses. Où vont-ils chercher ça. Les journalistes … Ils ont même parlé de quelqu'un qui est décédé. Qu’on laisse les morts en paix ... Ils ne peuvent plus répondre. Tout cela m’a fait très mal. "

Le frère aîné de votre neveu a eu un accident de moto, ce qui pourrait peut-être être interprété comme un suicide.

"Pas du tout. Le médecin a dit que ce n'était certainement pas un suicide. On peut dire n'importe quoi à propos des morts lorsqu’on veut faire du tort à quelqu’un. "

La revue P-magazine publie que vous auriez envoyé une carte postale à un pédophile libéré. Quelqu'un qui avait fait trente ans de prison. Vous l'avez félicité pour sa libération.

"Eh bien, il y a assez bien de prisonniers avec qui j'ai été en contact. Chaque année, j’allais à la prison de Bruges, au moment de Noël, Nouvel An ... Plusieurs prisonniers me téléphonaient ou m’écrivaient. Je leur répondais afin de les encourager. Je n'ai jamais demandé pourquoi ils étaient en prison, et je ne sais donc pas pourquoi cet homme était en prison. Finalement, il a été libéré et je lui ai écrit une carte. Et cet homme était fier de pouvoir dire qu'il avait reçu le soutien de l'évêque. Je trouve qu’il est pénible qu’on abuse des gens pour présenter les choses d’une façon tronquée."

Comment avez-vous pu concilier votre fonction de modèle en tant que prêtre et évêque avec vos abus?

"Tout d'abord et avant tout, je dois dire que personne n’est digne d’assumer de telles fonctions. Aucun homme n'est sans péché. Et beaucoup l’ont écrit : que celui qui n’a jamais péché, jette la première pierre. Le plus dur pour moi était que je n’ai jamais pu discerner mes autres défauts - comme mon orgueil, ma jalousie, ma complaisance – parce que c’était toujours cela qui revenait. J'ai essayé d'apprendre à vivre avec. Tout cela s'est passé alors que j’étais déjà prêtre. Je ne voyais pas comment j’aurais pu gérer les choses différemment. Sur le coup, cela me gênait. Je dois dire également que je ne me rendais pas compte que c’était si grave. J'ai été étonné que cela ait eu un tel impact sur mon neveu. C’est pour cela que par après, je me suis beaucoup soucié des autres victimes. Je savais que cela pouvait avoir de très graves conséquences et je pouvais comprendre que les victimes soient révoltées. Je sais maintenant que tout cela a un impact très profond, alors qu’avant, je pensais qu’il s’agissait de choses relativement superficielles. "

Après votre démission, vous avez eu un entretien avec Mgr Leonard dont ce dernier a dit : "Roger Vangheluwe ne se rend pas assez compte de la gravité de l'affaire" C’était le cas?

"Comment peut-il savoir à quel point je m’en rendais compte? Je n’en sais rien. Je lui ai parlé au téléphone quand j’ai donné ma démission. "

Trouvez-vous le battage médiatique qui a suivi votre démission excessif, ou trouvez-vous qu’il est normal que la société réagisse ainsi?

"Disons que ce battage était déjà en cours avant que je ne donne ma démission. La Commission Adriaenssens existait depuis longtemps. A cette époque, M. Danneels m'a dit: Vous ferez office de symbole, ce serait bien si vous pouviez faire vous-même un communiqué dans lequel vous annoncez votre démission. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai l'impression que depuis ce moment, tout a été relié à moi. Je pense que ma situation a fait en sorte que certaines personnes ont été moins réticentes pour venir témoigner, et c’est peut-être une conséquence positive de ce que j'ai fait. "

Beaucoup de gens pensent que vous devriez demander de quitter les ordres.

"Je reste prêtre pour le restant de ma vie, sauf si je fais moi-même la demande de devenir laïque. Cela, on ne peut pas me l’enlever. "

Mais vous ne voulez donc pas faire cette demande vous-même?

"C'est une question qui a été posée à plusieurs reprises, et à laquelle j’ai beaucoup réfléchi. Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. Il y a tellement longtemps que j'ai fait ma promesse du sacerdoce. Je veux continuer à le faire. Si on me dit que je ne peux plus exercer de ministère, j’obéirai, mais je n’irai pas dire spontanément: je vais rompre ma promesse et je m'en vais".

Début avril 2010, le Cardinal Danneels a été informé de l'abus prolongé de votre neveu. Le Cardinal Danneels savait-il déjà avant avril 2010 que votre nom était cité dans un dossier de maltraitance d'enfants, comme l’affirme Rik Devillé?

"Pas que je sache. En tout cas, il n’y a jamais eu de conversation entre le cardinal Danneels et moi à ce sujet. J'ai eu l'impression qu’il a été très surpris lorsque je le lui ai dit. Je pense qu'il ne le savait vraiment pas."

Pourtant, Devillé continue d’affirmer que Danneels était au courant.

"Ce qui est surprenant, c'est qu'il ne donne jamais de preuve, et que personne ne l'oblige à donner cette preuve. Cela m’étonne quand même."

Le Cardinal Danneels n'était pas au courant?

"Pas que je sache."

Avez-vous encore des amis?

"Enormément. J'ai reçu des centaines de lettres. Et cela continue. Beaucoup de lettres et de courriels. Je dois dire que parmi tous ces messages, il y en avait cinq ou six qui étaient négatifs, et deux messages anonymes étaient pornographiques. Mais tout le reste était différent: d'une part, c’est regrettable, d'autre part, il y a le pardon au sein de l'Eglise et nous continuons à vous encourager, nous continuons de prier pour vous, nous espérons que vous tiendrez bon".

Comment voyez-vous l'avenir? Vous séjournez actuellement en France. Nous avons convenu de ne pas divulguer l’endroit exact où vous trouvez. Tôt ou tard, il y aura un journaliste qui vous retrouvera et vous devrez à la recherche d’un autre logement.

"Au cours des mois à venir, je ferai ce qu'on m'a demandé et je vais donc me retirer durant plusieurs mois. Je n’accorderai plus d’interviews aux médias. J'espère qu'à l'avenir, la réconciliation et la compréhension pourront à nouveau se développer au sein de notre famille peuvent. Pour la famille, tout cela est très pénible, et ma famille m’a toujours été très chère. "

En ce moment, vous vivez en désaccord avec votre famille?

"Non, mais nous avons des difficultés à parler les uns avec les autres. Et c’est également une grande famille. Il ya des frères et des sœurs, des nièces et des neveux et ce sont toutes des relations différentes. Mais jadis, nous nous rencontrions régulièrement, toute la bande, et maintenant je ne crois pas que cela soit encore possible. J'espère qu'à l'avenir, on pourra de nouveau le faire. "

L'Eglise ne voulait pas que vous fassiez cette interview. Ne craignez-vous pas que l'Église vous laisse tomber maintenant que vous la faites quand même?

"Les gens de l'Église savent ce que je suis en train de faire. Ils me disent : vous êtes un homme libre, si vous estimez que c’est ce que vous avez à faire, vous devez en assumer la responsabilité. "

Je suppose que vous n'allez pas aller vivre à Bruges ou à Bruxelles?

"Ce ne serait pas raisonnable de ma part. Je dois dire que j'ai reçu pas mal de propositions, y compris en Belgique, de gens qui m’invitent à venir chez eux, des communautés monastiques, mais aussi des particuliers. Des gens que je connais, mais aussi des gens que je ne connais pas du tout. Il ya beaucoup de gens qui disent que j’ai été traité de façon injuste, et qu'il existe d'autres manières de faire face à ce genre de situation. "

Récemment, une peine a été prononcée contre vous, une peine provisoire, vous deviez quitter le pays et rechercher un accompagnement psychologique et spirituel. Que pensez-vous de cette peine?

" Je ne sais pas si cela doit être une peine. C'est une occasion qui m'a été offerte pour m’aider à mieux comprendre ce que j'ai fait. "

En quoi consiste le traitement spirituel?

"C'est personnel et je préfère garder cela pour moi."

Et le traitement psychologique, cela fonctionne comment?

"Eh bien, un psychiatre a été désigné. J'ai donc rendez-vous avec lui et il est prévu que j’aie régulièrement des conversations avec lui."

Vous pensez que c’est positif?

" Je ne le sais pas encore, mais j’ai une attitude assez neutre vis-à-vis de cela. C’est comme un tribunal civil qui désigne un psychiatre pour apprendre à mieux connaître quelqu'un. "

Pensez-vous que vous avez besoin d'un traitement psychiatrique?

"Je trouve ça un peu étrange. Cela fait 25 ans que tout cela a cessé, et j’ai du vivre avec cela pendant 25 ans. J'ai démissionné il y a un an, et maintenant j'aurais besoin d’un traitement. "

Vous auriez peut-être du recevoir ce traitement il y a 25 ans?

"Je ne vais pas vous dire tout ce que j’ai reçu dans le passé, mais je pense que j'ai assez bien fonctionné pendant 25 ans."

Vous êtes un théologien, un mathématicien, un homme très intelligent, ce qui ne vous a pas empêché de faire de mauvais choix. Apparemment, c'est la nature de l'homme qui fait que nous avons parfois un tel besoin d’affection que certains d'entre nous en arrivent même à abuser d’enfants? Croyez-vous que cela ait quelque chose à voir avec le célibat?

"Je ne vous suis pas très bien dans votre raisonnement. Je n'ai pas du tout l'impression d’être un pédophile. Mes rêves ne sont pas de cet ordre là, ou quoi que ce soit. "

Donc cela n’aurait fait aucune différence si vous aviez eu un partenaire amoureux adulte, une femme ou un homme? Cet abus aurait quand même eu lieu?

"Je pense que cela n'a rien à voir. Je n'étais pas à la recherche d'affection, je ne cherchais pas une relation amoureuse non plus, mais à cette époque, ce n’était en fait pas si rare dans certains milieux. Cela n’allait pas loin, c’était une sorte de mini-relation, et j'avais l'impression que mon neveu ne l’appréhendait pas du tout. Au contraire. "

Le célibat en soi, vous trouvez que c’est une bonne chose?

"En général, je pense que l'obligation du célibat devrait être assouplie. D'après mon expérience, il ya beaucoup de prêtres qui sont heureux dans le célibat, mais il y en a qui n’ont pas pu s’épanouir à cause de cela, il ne faut pas s’en cacher. Ils ne sont pas nombreux. Mais il y a aussi des prêtres qui boivent, qui ne savent pas gérer l'argent, qui sont autoritaires ... Mais il ya aussi des gens mariés qui n’arrivent pas à gérer leur vie. Ne l'oublions pas. "

Récemment, le procureur Jean-Marie Berkvens a dit qu'il allait bientôt clôturer l'enquête parce que tous les faits sont prescrits. Pouvez-vous comprendre que beaucoup de gens pensent que vous l’échappez belle?

"Permettez-moi d’abord de vous dire qu’il n’y a aucune plainte contre moi. Je n’ai fait que dire ce que j’avais fait, après quoi on m’a demandé de donner des explications complémentaires. Ensuite, les médias ont lancé des choses, et alors le procureur a estimé devoir mener une enquête. Il m'a entendu comme témoin et en est arrivé à la conclusion qu’il n’y a pas de faits pour lesquels il pourrait me sanctionner. "

Mais vous avez vous-même admis l'abus de vos neveux, et les faits sont prescrits. Récemment, la commission parlementaire sur les abus sexuels proposait d'allonger le délai de prescription de dix à quinze ans, mais même dans ce cas, vous restez hors d’atteinte. Je pense que beaucoup de gens pensent : ils vont s’en sortir, ils ne seront pas punis.

"Pourquoi faire une distinction entre les prêtres et les laïcs? Cela arrive beaucoup plus souvent dans les milieux sportifs, dans le milieu médical et là, on fait beaucoup moins d’enquêtes. Pourquoi les règles devraient-elles être beaucoup plus strictes pour les prêtres que pour d'autres professions importantes?

Vous trouvez que les prêtres sont visés?

"Je ne comprends pas pourquoi on s’attaque plus aux prêtres qu’aux médecins ou directeurs sportifs."

Une autre recommandation de la commission était la création d’une commission d’arbitrage, devant laquelle vous seriez appelé à venir témoigner. Vous le feriez?

"Pourquoi devrais-je me présenter à cette commission d’arbitrage à l'arbitrage? Je n'en ai pas entendu parler. On m’a parlé d’une commission dans le cadre des dédommagements ou de quelque chose de ce genre. "

Mais si cette commission vous convoquait pour témoigner, iriez-vous?

"J'ai toujours répondu à tous ceux qui me le demandent."

Il ya encore une enquête contre vous à Bruxelles. Il s’agit d’autres prêtres pédophiles que vous auriez protégés. Vous avez déjà fait cela?

"On m’a effectivement interrogé à ce sujet à Bruxelles, tout comme d'autres évêques, je ne vois aucune différence. Je ne pense pas avoir été plus clément que d'autres évêques, au contraire.

Mais avez-vous déjà protégé des prêtres dont vous saviez qu’ils avaient abusé d’enfants?

"Non"

Vous ne l’avez jamais fait?

"Non. Soit j'ai parlé avec les parents qui disaient qu’ils ne voulaient pas d’enquête, soit il y a eu enquête. "

Quel est votre message aux croyants qui ont perdu la foi en l'Eglise, un peu à cause de vous?

"Il n'y a eu aucune étude qui confirme ce que vous dites, à savoir que les gens sont devenus moins croyants à cause de cela. J'entends dire que le nombre de fidèles n'a pas diminué, et qu’il a même augmenté. "

Vous doutez du fait que ce qui s'est passé a profondément marqué de nombreuses personnes?

"Non, je sais que beaucoup de gens ont été touchés, mais cela n'a pas ébranlé les fondements de leur foi."

Quel est alors votre message aux fidèles?

"Qu’ils doivent savoir que Dieu est toujours là et qu’ils doivent apprendre à vivre ces faits au sein de l’Eglise, que ce n’est pas une Eglise des saints. Et que, pour leur part, ils doivent essayer de vivre au mieux avec Dieu au sein de la communauté religieuse, et lui demander qu'il les soutienne. Je pense que beaucoup de croyants se trouvent ainsi renforcés dans leur foi, et qu’ils prient davantage. "

Beaucoup de gens disent qu'ils se sentent abandonnés par l'Eglise.

"Voyez, vous confondez constamment l'Eglise et la foi. En effet, l'Eglise a subi un gros revers, mais je ne suis pas sûr que ce soit la même chose pour la foi. L'Église en tant qu'institution, c’est surtout cela qui est remis en question, est-ce qu’elle fonctionne correctement etc. "

Acceptez-vous une part de responsabilité dans ce qui peut être considéré comme une atteinte à l'image de cette institution?

"Oui, je lui ai donné une claque énorme, et cela a effrayé les gens. L’image de l'Eglise et celle du métier de prêtre ont été malmenées par ma faute, et je tiens vraiment à m’en excuser, pour autant que je puisse le faire, et tiens à contribuer à réhabiliter ces images, dans la mesure du possible. "

Quel est votre message à vos confrères qui ont dit qu'ils avaient été déçus par vous?

"Qu’en tant que prêtre, ce n’est pas uniquement à moi qu’ils ont fait une promesse. Que je comprends très bien qu'ils aient été déçus par moi, mais qu'ils doivent essayer d’aider l’institution à surmonter tout cela. Mais il y a aussi beaucoup de prêtres qui m'ont écrit parce qu'ils se sentent soutenus par moi. Car c'est aussi quelque chose qui m'a fait très mal au début, après j'aie donné ma démission: que l’on m’ait identifié, un peu comme dans cette interview, au mauvais côté des choses. Et que plus personne n’a rien dit de bon à mon propos. Alors qu’avant, beaucoup de gens disaient que j'étais un homme bon et que j'avais toujours essayé de faire le bien. Mais, dès ce moment là, ce n’était plus possible, on ne cherchait plus qu’à m’épingler pour ce qui s’est passé il y a 25 ans. Certains ont bien écrit que j’avais fait de bonnes choses en tant qu’évêque, mais ils se sont fait taper sur les doigts. "

Pensez-vous que l'Eglise doive verser des dédommagements?

"Cela dépend d'un cas à l’autre. Il est vrai aussi que l’ordre des médecins ne va pas payer si un médecin a fait quelque chose de mal, et la fédération sportive de même lorsqu’un entraîneur sportif s’en prend à quelqu’un !"

Je voudrais revenir au début, lorsque vous avez dit que vous aviez sous-estimé l'effet que cela a eu sur la vie de votre neveu. Comment voyez-vous les choses à l’heure actuelle?

"En effet, même maintenant, quand je vois tout ce qui a été rendu public. Mais le plus surprenant, c’est que beaucoup de gens disent que cela ne leur pose ou presque pas de problèmes. C'est une bonne question pour les psychologues : comment se fait-il que certaines personnes aient été marquées profondément, et que d’autres pas ou presque pas.".

Qu'est-ce que cette année a fait de vous? Que reste-t-il de l'homme Roger Vangheluwe?

"A mon grand étonnement et ma grande gratitude, je suis encore en vie."

Vous avez pensé mettre un terme à vos jours?

"C'est exact. Et pas seulement au cours de l'année écoulée, au cours des années précédentes aussi, je crois que cela arrive à tout le monde parfois. Ce serait plus facile si je n'étais plus là. Mais ce serait un acte de lâcheté, dans un certain sens, une fuite. Cela n’aurait fait que de renforcer le sentiment d’abandon chez les gens. Il ya encore des gens qui m'écrivent, qui me demandent conseil, qui ont besoin de moi. "

Y a t-il encore des choses que vous voulez dire? Comment doit-on se souvenir de Roger Vangheluwe?

"Je n'ai pas à donner d'opinion sur moi-même. Je suppose qu’après cette interview, certaines personnes seront encore plus en colère sur moi. Et j'espère que d’autres personnes seront confortées dans leur opinion. Mais je pensais qu’il fallait que je m’exprime, parce que les gens ont droit à la vérité. "

Un collègue, Louis van Dievel, a écrit un livre, "Ik noem Roger", au sujet d'un évêque qui vit ce que vous avez vécu.

"Il ne s'agit pas de moi. Je ne m’y reconnais pas du tout. Mais cela fait mal. Savez-vous ce qui m'a fait mal le de plus? J'ai vu un t-shirt avec le texte sacré: Prenez et mangez, ceci est mon corps affiché sur un cache-sexe. Je pensais que de telles choses étaient impossibles dans notre pays et qu’on ne pouvait ainsi ridiculiser la religion. Ce n'est pas de moi, mais bien de la religion qu’on se moque. Je ne crois pas qu’on oserait faire cela avec n’importe quelle autre religion. Je ne comprends pas ce qui se passe en ce moment dans l'esprit de certaines personnes dans notre société. "

Comment passez-vous vos journées?

"Je prie beaucoup. Chaque jour, je passe des heures à la chapelle. "

Pour qui priez-vous?

"Je prie pour tout le monde, pour les victimes et pour les auteurs. Mais très souvent, je suis près du Seigneur, pour qu’il ait pitié de moi. Pour le reste, je lis beaucoup, je me détends. Il y a des jours que je passe raisonnablement bien, et il y a des jours où cela ne va pas, où je n’arrive pas à me concentrer. "

Vous voulez resserrer les liens avec votre famille. Comment allez-vous faire?

"Cela, je préfère le garder pour ma famille. Mais j'espère que nous pourrons un jour nous réunir à nouveau, même si ce ne sera plus jamais comme avant. "

Est-ce que vos frères vous ont pardonné?

"Oui, c’est-ce qu’ils m’ont dit."

Et votre neveu?

"Je ne sais pas, en tout cas je lui ai souvent demandé pardon. Parfois il me disait qu’il me pardonnait, mais je ne sais pas ... Je ne l’ai plus vu depuis un an, je ne sais pas comment il va aujourd’hui. C’est tout ce que je voulais dire à ce sujet. "

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF2...

11:21 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Pédophilie: Mgr Di Falco, l'évêque accusé

De tous les scandales de pédophilie ayant touché l'Eglise de France, il en est un qui met en cause un évêque en vue dans les médias et le monde politique. Un religieux qui, en décembre 2005, dînait au palais de l'Elysée à la table de Jacques et Bernadette Chirac en compagnie de François Pinault, Simone Veil, Jean-Louis Debré et cinquante autres convives. A ce dîner, Bernadette Chirac s'était levée, avait prié ses invités d'en faire autant, et avait donné la parole à l'évêque, qui prononça une prière d'action de grâces. Le tout, sous l'oeil crispé de Jacques et Claude Chirac qui, à la fin du dîner, priera les invités de ne rien révéler de ce mélange des genres. Le religieux s'appelle Jean-Michel Di Falco : il est évêque de Gap.

Cet homme brillant et médiatique était promis dans l'Eglise à un bel avenir. Tous le voyaient succéder à monseigneur Lustiger (archevêque de Paris, mort en 2007 - ndlr). En mars dernier, il était l'invité de Michel Drucker dans Vivement dimanche, pour le triomphe au top 50 de son CD Spiritus Dei. Un recueil dans lequel de jeunes prêtres entonnent la Sarabande d'Haendel sur une orchestration de variétés. Mais en 2001, sa carrière a failli s'arrêter brutalement.

Cette année-là, Marc (1), un homme de 41 ans, porte plainte contre monseigneur Di Falco pour "viols et agressions sexuelles". Il accuse le religieux de l'avoir violé à de nombreuses reprises entre l'âge de 12 et 15 ans. Il fournit même une description précise des parties génitales de son agresseur. Marc, aujourd'hui, habite une grande ville. Il a la cinquantaine, il travaille, ne se distingue en rien des autres citadins mais affirme que les viols subis dans son enfance ont fait de lui un homme fragile en société et en souffrance devant l'amour. Quand il avait 11 ans, Marc, qui souffrait de l'absence de son père divorcé, étudiait au collège privé Saint-Thomas-d'Aquin, dans le VIIe arrondissement de Paris. Un prêtre qui dirigeait l'école primaire, le père Di Falco, brillant jeune homme de 25 ans, noue alors avec lui des relations amicales.

"Di Falco m'accordait beaucoup d'attention, c'était un sentiment extraordinaire pour moi. Il venait me chercher au moins une fois par semaine à la maison et m'emmenait au cinéma, au restaurant, au spectacle. Une fois nous sommes même partis en week-end à Strasbourg en voiture. Mais j'ai vite compris que derrière ces cadeaux et ces sorties, il y avait autre chose. La première fois que c'est arrivé, je me suis retrouvé nu dans sa chambre sur son lit, sans comprendre, le coeur battant et ne comprenant rien à ce qui m'arrivait. Il était nu également. Il m'a serré dans ses bras, j'étais allongé sur lui. Il faisait glisser son corps de bas en haut.

J'étais totalement désemparé par ces exigences sexuelles. J'étais un gamin qui s'amusait avec des voitures et des billes, je n'étais pas du tout sexué, je ne savais même pas que ça se faisait avec les garçons.

C'est lui qui décidait du moment où il avait envie. Je n'ai pas souvenir de ses paroles pendant l'acte, ni de celles qu'il prononçait pour m'entraîner dans sa chambre. Je me souviens toutefois qu'il me disait : 'On y va' ou 'On passe à côté'."

La soeur de Marc, âgée aujourd'hui de 59 ans, se souvient de la fascination qu'avait son frère pour Di Falco. "J'avais 17 ans quand Di Falco s'est incrusté dans notre famille, il était affable, beau parleur et enjoué, il fréquentait des stars, était ami avec Thierry Le Luron, cela impressionnait beaucoup mon frère. Di Falco venait le chercher le jeudi après-midi et lui faisait faire des trucs mirobolants, il lui faisait des cadeaux, il le gâtait, lui avait offert un vélo, il savait se rendre indispensable, Marc était ébloui. En 1973, Di Falco a organisé un voyage au ski à Rencurel avec quelques enfants, Marc ne voulait pas s'y rendre seul, je l'ai donc accompagné. Il y avait plusieurs chambres et j'avais pris Marc dans la mienne.

Di Falco est arrivé en me disant : 'Il faut que Marc dorme avec moi.'

Malgré mon opposition, Di Falco a saisi la valise de Marc et l'a déposée dans sa chambre. Il y avait suffisamment de place et il n'y avait donc aucune raison qu'un enfant dorme dans la chambre de Di Falco. Marc est venu me dire : 'Il m'embête, je ne veux pas dormir avec lui.' Je me souviens lui avoir demandé ce qu'il entendait par embêter mais il n'a pas voulu m'expliquer. J'ai ensuite tenté de reprendre la valise et nous nous sommes bagarrés avec Di Falco, chacun tirant la valise de Marc de son côté. C'était grotesque. Finalement, Di Falco a tiré plus fort que moi sur la valise et Marc a suivi sans enthousiasme. Cet événement a gâché nos vacances. Cette altercation m'avait secouée car elle était anormalement vive et incongrue. La pédophilie n'était pas concrète pour moi, je pensais à des vieux messieurs avec des petites filles, mais avec les garçons, je ne savais même pas que ça existait."

Marc et sa soeur racontent que pendant l'année scolaire qui a suivi, les choses ont commencé à changer. Marc grandit, son corps devient celui d'un adolescent. Dans leur souvenir, Di Falco prend de la distance avec lui. Marc résume : "A partir d'avrilmai 1975, je rencontrais beaucoup moins souvent Di Falco, et il me parlait souvent d'un jeune garçon à propos duquel il ne tarissait pas d'éloges."

La mère de Marc aussi se souvient de cet éloignement. Elle vit aujourd'hui à Paris, retraitée. A l'époque, pleine d'amitié pour Di Falco, elle n'avait rien perçu de ce que dénonce Marc aujourd'hui. Elle ne l'a su de la bouche de son fils que quinze ans plus tard, et en se repassant le film des événements, elle l'a cru. Elle se souvient qu'" à partir du jour où Di Falco n'a plus cherché à contacter mon fils, Marc a beaucoup souffert. Il a d'ailleurs été extrêmement fatigué à la mi-novembre 1975. Il est resté absent de l'école pendant un mois et demi".

A son retour en classe, Marc apprend qu'il est renvoyé du collège. A ses parents, le directeur laïque, monsieur Vodika, explique qu'il est un élève trop insolent et trop turbulent. Ce Vodika, plus tard, expliquera aux policiers l'interrogeant sur les accusations de Marc qu'il n'a "jamais entendu parler d'une quelconque histoire de moeurs concernant Jean-Michel Di Falco".

Marc a attendu de longues années avant de raconter son histoire.

"Je me disais, ce n'est pas grave, je m'en sortirai tout seul. J'y pensais tout le temps, j'avais des accès de violence terribles, mes relations avec les autres étaient très compliquées, cela m'a détruit. J'ai essayé toutes les psychothérapies imaginables avant de comprendre que ce serait impossible à effacer."

Ayant échoué à se soigner tout seul, il se décide, en 2001, à appeler à l'aide l'Eglise de France. Il écrit un courrier à l'archevêque de Paris, le cardinal Lustiger. Lustiger en retour lui propose de discuter de cette affaire avec un jésuite, une tête pensante de l'Eglise catholique d'aujourd'hui : le père Henri Madelin, humaniste, professeur à Sciences-Po, et actuellement représentant du Saint-Siège au Conseil de l'Europe. Henri Madelin n'a pas souhaité nous révéler ce qui s'est dit entre lui et Marc, Di Falco, et le cardinal. Mais quand les policiers l'ont interrogé en 2001, il leur a expliqué ceci :

"Je suis tombé des nues lorsque j'ai entendu le témoignage de Marc. J'ai été scandalisé comme prêtre qu'il y ait eu des gestes équivoques, et je me suis posé la question de ce qu'il fallait croire de ce qu'il disait. J'ai rapporté au cardinal les contenus de nos entretiens. Il était bouleversé par ce qui était dit sur Di Falco. J'ai compris qu'il était à la recherche d'une solution et qu'il se sentait obligé d'envisager d'autres dispositions concernant sa place dans l'Eglise."

Marc a trois entrevues avec le père Madelin. A la dernière, le jésuite lui annonce : "Le cardinal Lustiger vous fait dire qu'il arrête la carrière de Di Falco. Il va le déplacer." Marc veut comprendre : "Le cardinal a-t-il pris sa décision sur la foi de mon seul témoignage ?" Dans le souvenir de Marc, le père Madelin n'a rien répondu. "Mais en regardant son visage, ajoute Marc, il me semblait lire que non."

En octobre 2001, le nom de Di Falco n'apparaît plus dans l'ordre administratif du diocèse de Paris. Lustiger a tenu sa promesse. Mais Marc veut que sa douleur soit reconnue même en dehors de l'Eglise. Le 14 novembre 2001, il porte plainte contre Di Falco pour viols et abus sexuels. Les policiers de la brigade des mineurs de Paris enquêtent et interrogent l'évêque. Il leur répond qu'il nie toutes les accusations de Marc. Qu'il n'a jamais commis un seul geste déplacé sur ce garçon. Les policiers questionnent aussi des camarades de classe de Marc. Aucun n'affirme avoir été témoin d'un geste déplacé de la part du père Di Falco. Puis la plainte de Marc tombe à l'eau : les faits qu'il dénonce datant de plus de dix ans, ils sont prescrits. Mais l'affaire rebondit le 29 octobre 2002.

Un autre ancien élève de Saint-Thomas-d’Aquin, Paul (1) se fait connaître en déposant une plainte contre Di Falco. Les policiers de la brigade des mineurs l’interrogent. Il raconte qu’à l’âge de 10 ans, en 1975, le religieux l’avait emmené en week-end à la campagne et lui avait fait voir sa chambre, lui demandant s’il voulait bien dormir avec lui dans son lit. Il certifie aux policiers qu’une autre fois, invité à dormir chez Di Falco à Paris, il s’est retrouvé en pyjama à demi allongé sur son canapé. Que Di Falco, en lui parlant affectueusement, aurait glissé sa main dans le pyjama pour caresser sa fesse. Mais la plainte de Paul n’aboutit pas non plus, à cause de la prescription.

Plus tard, l’avocat parisien de Marc, maître Jean-Baptiste Moquet, reçoit le coup de téléphone d’un psychiatre. L’homme cherche un avocat pour conseiller un de ses clients, très perturbé, qui se plaint que dans son enfance, le jeune père Di Falco se serait livré sur lui à des gestes sexuels. L’avocat se dit prêt à l’entendre. Mais un intermédiaire de cette victime présumée lui fait finalement savoir qu’en raison de sa haute position dans la société, l’homme n’aura pas le courage de porter son témoignage en justice.

Judiciairement, l’affaire Di Falco est donc éteinte. Mais en 2002, quand l’évêque découvre la plainte de Marc, il l’attaque en justice pour dénonciation calomnieuse. Le procureur classera la plainte, la jugeant infondée. L’année qui suit, en 2003, monseigneur Di Falco est éloigné de Paris par le cardinal Lustiger, qui le nomme évêque de Gap.

Quand nous demandons à maître Paul Lombard, son avocat, un entretien, ce dernier nous apprend que Di Falco ne tient pas à nous rencontrer. En septembre dernier, la télévision belge lui avait fait la même demande. Elle s’était entendue répondre, par son secrétariat, qu’il s’agissait pour l’évêque d’une affaire sur laquelle il ne souhaitait pas revenir. “Parce que trop douloureuse."

Sophie Bonnet

(1) Les prénoms ont été changés

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/58643/...



11:19 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Monseigneur était jouette

 

Moi, pédophile!? Tout de suite les gros mots! C’est bien les journalistes, ça: toujours à faire des pataquès de rien du tout.

Et alors ces députés qui font des "Commissions d’enquête sur les abus sexuels dans l'Eglise", pardon, mais ils n'ont rien d’autre à glander? Et la Justice? Toujours à chercher le mal partout, celle-là! Enfin, heureusement qu’il y a un truc bien dans la Justice: la prescription. Ça évite de perdre du temps à des broutilles.

Parce que Roger Vangheluwe ne voit pas où est le problème. Il n’a "pas du tout l’impression d’être un pédophile".Ses treize années de tripotages, c’étaitjuste"comme une petite relation" avec son neveu,"de l’intimité qui s’installait".Et rassurons-nous, "ça n’a pas été bien loin". D’ailleurs, faire touche-quéquette au gamin ou se faire astiquer le tich par le môme, "cela n’avait rien à voir avec la sexualité".

La preuve, c’est qu’"il n’a jamais été question de viol". En plus,Monseigneur savait se tenir: "Il ne m’a jamais vu nu." Et aussi se retenir: "Il n’y a pas eu de pénétration et d’orgasme." Avec le second neveu tripoté, non plus. Même qu’avec celui-là, les attouchements n’ont duré que un an. Rien, quoi. Finalement, pour l’ex-évêque, tout ça "n’était que des petits jeux". Voilà tout: Monseigneur était juste un peu jouette.

Or, vous savez ce que c’est, la dure vie de prêtre: on n’a pas le sou pour s’acheter des chouettes jeux. Roger aurait pu faire des puzzles ou construire une chapelle en Lego. Mais puzzle et Lego, à force, ça devient gonflant. Alors le pauvre curé devait jouer avec ce qu’il avait sous la main quand la famille venait en visite: ses neveux.

Que voulez-vous, c’était il y a 25 ans, un temps où la PlayStation n’existait pas. C’est con: s’il avait eu une PlayStation pour un peu s’amuser, peut-être que Tonton Roger n’aurait pas été obligé de jouer à abus sexuel avec ses neveux.

Et puis, on oublie un truc. À l'époque, il ne savait pas que c’était mal, le tripote-kiki avec des petits garçons: "Je n’étais pas conscient que cela avait un tel impact sur mon neveu. Je croyais qu’il s’agissait de choses superficielles." C’est bête: Dieu aurait dû le prévenir que c’était ultra-traumatisant pour le gosse.

Quelle tête en l’air, ce Dieu! Enfin soit. Après, quand il a super bien réussi dans l’Eglise, Tonton Roger a versé de l’argent au gamin. Plusieurs millions de francs, quand même. Mais attention, n’allez pas imaginer des choses: "Il ne s’agissait pas d’obtenir son silence." Non-non, qui a dit ça? On disait que c’était juste une grosse dringuelle d’un généreux mononcle. Ou alors le salaire d’un job étudiant un peu spécial, mais vachement bien payé. Va savoir.

Enfin, le plus important, dans cette malheureuse histoire, c’est que Monseigneur Vangheluwe ait trouvé les ressources nécessaires à la réalisation de son destin de bienfaiteur: "Comme les faits ont cessé il y a 25 ans, j’ai pu vivre avec cela et très bien travailler." Tout est bien qui finit bien. Sur ce, il faut que je vous laisse. Je dois aller vomir.
v.peiffer@moustique.be

http://www.moustique.be/le-magazine/les-chroniques/vincen...

 

11:17 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les évêques de Belgique "extrêmement choqués"

Les évêques de Belgique se disent "extrêmement choqués" par l'interview donnée jeudi soir par Roger Vangheluwe aux chaînes commerciales VT4 et VTM, indiquent-ils vendredi dans un communiqué. Les évêques tiennent à "expressément se distancier" des propos de M. Vangheluwe.

"Nous sommes extrêmement choqués de la manière dont Roger Vangheluwe minimise et excuse les faits commis et les conséquences pour les victimes, leur famille, les croyants et plus largement toute la société. C'est inacceptable. Roger Vangheluwe ne semble toujours pas mesurer l'extrême gravité de ses actes", indiquent les évêques. "Cette interview ne correspond aucunement à ce qui lui a été demandé par Rome", poursuivent-ils. "Nous lui faisions confiance concernant son retrait dans le silence à l'étranger en vue d'une réflexion sur ses actes et du suivi du traitement spirituel et psychologique imposé par Rome."

Les évêques de Belgique soulignent également que "le ton de l'interview est en totale contradiction avec les efforts entrepris ces derniers mois pour prendre au sérieux la problématique de l'abus sexuel, écouter les victimes et déterminer les mesures adéquates". L'ancien évêque de Bruges, Roger Vangheluwe, a reconnu avoir abusé sexuellement de deux de ses neveux, dans une interview exclusive diffusée jeudi par VT4. Dans l'émission "Vlaanderen Vandaag", Roger Vangheluwe déclare en outre qu'il n'a jamais abusé d'une nièce et qu'il n'envisage pas d'entrer dans la laïcité.

Milquet et Onkelinx indignées
Le Premier ministre Yves Leterme a exprimé vendredi "son horreur et et sa déception" devant les dernières révélations de Mgr Vangheluwe. "Le politique a pris ses responsabilités au sein de la commission spéciale. Je demande que l'Eglise fasse de même", a-t-il encore ajouté. Le Premier ministre a encore dit sa "frustration et son impuissance" devant "ces faits inacceptables".

Interrogée également après le Conseil des ministres, la vice-première ministre et présidente du cdH Joëlle Milquet s'est dit choquée non seulement par les déclarations de Mgr Vangheluwe mais aussi par le fait même qu'il accorde une interview. Dans celle-ci il "banalise de façon éhontée des faits inacceptables". Mme Milquet a qualifié les propos de "profondément heurtants". Elle espère que l'autorité de l'Eglise réagira. "Je ne comprendrais pas qu'elle ne le fasse pas", a-t-elle ajouté. La vice-première ministre PS Laurette Onkelinx a qualifié l'attitude de l'ancien évêque de Bruges de "dégoûtante".

"Il manifeste un mépris total pour les victimes et pour le travail de la Commission spéciale. Nous avons une grande habitude de respect dans les relations entre l'Etat, la laïcité et l'Eglise qui se traduit notamment à travers le financement des cultes. Si l'Eglise continue à ne pas réagir, cela pourrait être remis en cause. J'espère que l'Eglise réagira", a encore dit Mme Onkelinx. (belga/mb)
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1...

 

11:15 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Un évêque norvégien pédophile hébergé par un hôpital catholique allemand

Le prêtre d'origine allemande qui a reconnu avoir abusé sexuellement d'un enfant de choeur en Norvège il y a 20 ans est l'hôte d'un hôpital catholique proche d'Osnabrück (ouest de l'Allemagne) depuis fin 2009, a-t-on appris jeudi auprès de l'établissement et de l'évêché.

 

L'ex-évêque Georg Müller, qui a subitement quitté ses fonctions en juin, "est l'hôte du Franziskus-Hospital Harderberg depuis mi-décembre", a déclaré à l'AFP Roland Knillmann, porte-parole de l'établissement.

Il occupe à titre gracieux "un petit appartement réservé aux invités" et n'a "aucune fonction spirituelle" au sein de l'établissement. Le prêtre, qui est "souvent en voyage", est absent depuis mercredi, a ajouté Roland Knillmann, sans pouvoir donner d'indications sur sa date de retour.

Selon lui, Georg Muller "a occasionnellement participé en temps que prêtre à la célébration de la messe dominicale" sans toutefois percevoir de rémunération.

Il n'avait pas de contact avec des enfants, a assuré le porte-parole.

"Nous avons appris hier par les médias" que Georg Müller avait abusé d'un mineur, a indiqué Roland Knillmann, soulignant que l'hôpital n'en avait jamais eu connaissance auparavant. Selon lui, un décision concernant l'hébergement du prêtre au sein de l'institution sera prise prochainement après une discussion avec l'évêché.

Évêque de la troisième ville de Norvège pendant douze ans, Georg Müller a brusquement quitté ses fonctions en juin, officiellement en raison d'"incompatibilités de travail" avec d'autres religieux.

http://www.rtbf.be/info/monde/detail_un-ex-eveque-norvegi...

11:14 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Pour l'archevêque de Bruxelles, le sida n'est que «justice»

Selon Mgr Léonard, les malades n'ont que ce qu'ils méritent... C'est la dernière déclaration tonitruante d'un personnage connu pour son homophobie, dénoncée à de nombreuses reprises.

Plus haut responsable de l'église catholique de Belgique, Monseigneur Léonard n’a pas failli à sa réputation de catholique conservateur, avec un livre d’entretien, publié aujourd'hui par deux journalistes belges. Celui qui estime l'homosexualité «anormale», qui l'a comparée à l'anorexie et a déploré la célébration religieuse d'une union gay s'est attaqué cette fois aux malades du sida.

Ainsi, André Léonard réfute au détour de l'ouvrage Conversations que les problèmes environnementaux soient une punition divine, mais affirme que l’homme est seul responsable de ses problèmes. Par exemple, indique-t-il, «l'épidémie du sida est une forme de justice immanente» (punition contenue dans la faute elle-même, NDLR). Il ajoute même: «Quand on malmène l’amour humain, peut-être finit-il par se venger.»

Sans regrets
Interpellé par son porte-parole sur ces passages avant leur publication, Mgr Léonard n’a pas tenu à faire marche arrière. «J'ai émis un avertissement quant à certains passages, dont cette déclaration», explique son porte-parole. «Mais l’archevêque ne l’a pas modifié, affirmant qu’il ne pouvait pas écrire autre chose que ce qu’il pense.»

Nommé archevêque de Malines-Bruxelles et donc primat de Belgique en janvier 2010, Mgr Léonard a encore rencontré en mai dernier le pape Benoît 16, dont il semble être particulièrement apprécié.

Non-lieu
En 2006, Mgr Léonard, à l’époque évêque de Namur, indiquait comprendre que, dans certains milieux, on se montre prudent quant à l'engagement de personnes homosexuelles pour des missions éducatives concernant des jeunes.

L'année suivante, dans une interview, il avait déclaré que l’homosexualité provenait «d'un blocage rencontré au cours du développement psychologique normal». L'association LGBT Tels Quels avait à l’époque porte plainte contre lui pour discrimination, plainte qui avait débouché sur un non-lieu.

«Quand on malmène l’amour humain, peut-être finit-il par se venger.» Mgr Léonard

http://www.tetu.com/actualites/international/pour-larchev...





11:10 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Opération calice : l’arroseur arrosé, les victimes lésées

L'arrêt de la Cour de cassation anéantissant les arrêts de la chambre des mises en accusation qui restituaient à l’Eglise et à la Commission Adriaenssens les dossiers saisis lors des perquisitions du 24 juin est une péripétie de plus dans le sulfureux dossier « Calice ».

Péripétie, parce qu’une chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles, autrement composée que celle désavouée, sera prochainement saisie de la même question de régularité des perquisitions menées à l’archevêché de Malines-Bruxelles et au siège de la Commission qui recevait les plaintes des victimes de prêtres pédophiles. Il serait étonnant qu’une décision contraire rendue par des collègues des magistrats pris en défaut du respect de la procédure renverse les arrêts frappés d’illégalité, même si les victimes seront, cette fois-ci, entendues.

Cette péripétie judiciaire, même si elle est fondée par la mécanique du droit, jette le soupçon sur la Justice. Elle dit que le parquet général de Bruxelles, titillé par l’interventionnisme médiatique du ministre Stefaan De Clerck, a engagé à la va-vite une procédure en contrôle de la régularité de la procédure initiée contre l’Eglise et ses prêtres déviants, comme s’il s’agissait de contrer rapidement l’assaut de cavalerie lancé par le juge d’instruction Wim De Troy. C’est l’arroseur arrosé. Tant le parquet général que la chambre des mises en accusation se trouvent pris en défaut de ne pas avoir respecté les règles de la procédure, ce qu’ils reprochaient eux-mêmes au juge De Troy. Quelle confiance pourront encore accorder les victimes, déclarées ou encore réticentes à se déclarer, à un système pris la main dans le sac d’avoir hâté maladroitement l’anéantissement décidé de l’enquête contre la citadelle Eglise ? Cette péripétie judiciaire retarde encore l’enquête du juge De Troy. Il faudra plusieurs semaines pour clarifier définitivement la situation. Ces querelles de procédure (voulues aussi par l’Eglise) empêchent d’identifier, d’interroger, de confondre des ecclésiastiques auteurs, parfois de faits prescrits, mais peut-être toujours actifs dans leurs paroisses. La volonté « d’aller jusqu’au bout » affirmée tant par l’Eglise que par la

Justice doit être ressentie par les victimes comme un leurre.

http://www.lesoir.be/debats/editos/2010-10-13/operation-c...



11:06 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Pédophilie dans l'Eglise : Mgr Léonard veut-il la lumière ?

André Léonard veut-il la lumière sur les crimes sexuels commis par les clercs ? Pour la première fois, depuis la publication du rapport accablant de la Commission Adriaenssens (Le Soir de samedi), l'archevêque parle, ce lundi. A l'exception de quelques mots prononcés dimanche en marge de la procession de Tournai : « Ce rapport, nous l'avons souhaité. » Officiellement pour présenter la cellule de soutien aux victimes qui prend la relève. Mais le primat doit avant tout s'expliquer sur la responsabilité de l'Eglise belge. C'est son heure de vérité.

1. Quelles suites pénales ?

 

Le juge De Troy, dont l'instruction reste en cours, continue à nourrir son dossier, notamment à travers les éléments qui lui seront communiqués, mercredi, par Walter Van Steenbrugge, avocat d'une trentaine de victimes. Au moins seize autres instructions doivent suivre, suite aux récents dossiers transmis par la Commission au parquet fédéral.

Le pédopsychiatre Peter Adriaenssens avait prévenu les évêques qu'il dresserait un constat ferme et indépendant. Sur plus de 400 abuseurs signalés, 186 sont identifiés et 91 sont encore en vie. Il revient à la Justice de vérifier s'ils n'ont pas continué à sévir. Que compte faire l'archevêque, concernant ces dizaines de prêtres identifiés, pour faciliter le travail de la Justice ?

2. Quelles indemnisations ?

 

Walter Van Steenbrugge l'a annoncé, samedi : des actions en justice peuvent être lancées, au civil, à l'encontre des auteurs, mais aussi des évêques, pour non-assistance à personne en danger. S'il y a faute (l'abus sexuel enduré, l'entrave à la Justice), dommage (le traumatisme causé par le crime, par sa dissimulation, voire par le choc de sa révélation) et lien de causalité entre les deux, la victime est en droit de réclamer des dommages et intérêts.

C'est ce même principe, hors voie judiciaire, que défend Peter Adriaenssens quand il suggère la création d'un fonds de solidarité alimenté par les abuseurs et l'Eglise. Question : comment l'archevêque compte-t-il indemniser les « survivants » ?

3. De nouvelles démissions ?

 

En huit semaines, la Commission Adriaenssens a enregistré 475 cas d'abus sexuels. Pourtant, ces vingt dernières années, les prêtres abuseurs retenus par la chronique judiciaire se comptent sur les doigts d'une main : Robert Borremans, Louis Dupont, André Vanderlyn…

Beaucoup y voient l'effet d'un système organisé d'occultation. André Léonard dénonçait lui-même, le 4 avril, cette loi du silence : « Pendant des décennies, l'Eglise (…) a mal géré le problème de la pédophilie en son sein. (…) Par un silence coupable, on a souvent préféré la réputation de certains hommes d'Eglise à l'honneur de ces enfants abusés».

Le 23 avril, confronté à la renonciation de Vangheluwe, André Léonard prétendait tourner résolument la page « par rapport à l'époque, pas si éloignée, où, dans l'Eglise comme ailleurs, on préférait la solution du silence ou du camouflage. »

Une omerta promue par le Vatican : le 8 septembre 2001, le cardinal Castrillon Hoyos, « ministre » de tutelle des 400.000 prêtres de l'Eglise, adressait un courrier à l'évêque de Bayeux pour le féliciter « de n'avoir pas dénoncé un prêtre à l'administration civile »…

L'archevêque sait, à présent, que sur 309 situations d'abus situées dans le temps, près d'un cinquième (56) ont eu lieu alors que M. Danneels était à la tête de l'Eglise belge. Le cardinal était-il dans l'ignorance ? Des témoignages publiés par la Commission mettent en cause l'obstruction manifeste d'évêques. André Léonard peut-il affirmer qu'aucun des 16 évêques belges en vie (9 en fonction et 7 émérites) n'est impliqué dans ces manœuvres de dissimulation ?

Publié en novembre 2009, le rapport Murphy sur les abus sexuels au sein de l'Eglise irlandaise a établi que « la préoccupation de l'archevêché de Dublin (…), au moins jusqu'au milieu des années 1990, était de préserver le secret, d'éviter le scandale, de protéger l'Eglise et de préserver ses biens. » Dans les quatre semaines qui suivirent, quatre évêques irlandais remettaient leur démission. Mais le pape vient d'en refuser deux.

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-09-13/pedoph...



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