06/05/2011

Opération calice : l’arroseur arrosé, les victimes lésées

L'arrêt de la Cour de cassation anéantissant les arrêts de la chambre des mises en accusation qui restituaient à l’Eglise et à la Commission Adriaenssens les dossiers saisis lors des perquisitions du 24 juin est une péripétie de plus dans le sulfureux dossier « Calice ».

Péripétie, parce qu’une chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles, autrement composée que celle désavouée, sera prochainement saisie de la même question de régularité des perquisitions menées à l’archevêché de Malines-Bruxelles et au siège de la Commission qui recevait les plaintes des victimes de prêtres pédophiles. Il serait étonnant qu’une décision contraire rendue par des collègues des magistrats pris en défaut du respect de la procédure renverse les arrêts frappés d’illégalité, même si les victimes seront, cette fois-ci, entendues.

Cette péripétie judiciaire, même si elle est fondée par la mécanique du droit, jette le soupçon sur la Justice. Elle dit que le parquet général de Bruxelles, titillé par l’interventionnisme médiatique du ministre Stefaan De Clerck, a engagé à la va-vite une procédure en contrôle de la régularité de la procédure initiée contre l’Eglise et ses prêtres déviants, comme s’il s’agissait de contrer rapidement l’assaut de cavalerie lancé par le juge d’instruction Wim De Troy. C’est l’arroseur arrosé. Tant le parquet général que la chambre des mises en accusation se trouvent pris en défaut de ne pas avoir respecté les règles de la procédure, ce qu’ils reprochaient eux-mêmes au juge De Troy. Quelle confiance pourront encore accorder les victimes, déclarées ou encore réticentes à se déclarer, à un système pris la main dans le sac d’avoir hâté maladroitement l’anéantissement décidé de l’enquête contre la citadelle Eglise ? Cette péripétie judiciaire retarde encore l’enquête du juge De Troy. Il faudra plusieurs semaines pour clarifier définitivement la situation. Ces querelles de procédure (voulues aussi par l’Eglise) empêchent d’identifier, d’interroger, de confondre des ecclésiastiques auteurs, parfois de faits prescrits, mais peut-être toujours actifs dans leurs paroisses. La volonté « d’aller jusqu’au bout » affirmée tant par l’Eglise que par la

Justice doit être ressentie par les victimes comme un leurre.

http://www.lesoir.be/debats/editos/2010-10-13/operation-c...



11:06 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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