06/05/2011

Monseigneur était jouette

 

Moi, pédophile!? Tout de suite les gros mots! C’est bien les journalistes, ça: toujours à faire des pataquès de rien du tout.

Et alors ces députés qui font des "Commissions d’enquête sur les abus sexuels dans l'Eglise", pardon, mais ils n'ont rien d’autre à glander? Et la Justice? Toujours à chercher le mal partout, celle-là! Enfin, heureusement qu’il y a un truc bien dans la Justice: la prescription. Ça évite de perdre du temps à des broutilles.

Parce que Roger Vangheluwe ne voit pas où est le problème. Il n’a "pas du tout l’impression d’être un pédophile".Ses treize années de tripotages, c’étaitjuste"comme une petite relation" avec son neveu,"de l’intimité qui s’installait".Et rassurons-nous, "ça n’a pas été bien loin". D’ailleurs, faire touche-quéquette au gamin ou se faire astiquer le tich par le môme, "cela n’avait rien à voir avec la sexualité".

La preuve, c’est qu’"il n’a jamais été question de viol". En plus,Monseigneur savait se tenir: "Il ne m’a jamais vu nu." Et aussi se retenir: "Il n’y a pas eu de pénétration et d’orgasme." Avec le second neveu tripoté, non plus. Même qu’avec celui-là, les attouchements n’ont duré que un an. Rien, quoi. Finalement, pour l’ex-évêque, tout ça "n’était que des petits jeux". Voilà tout: Monseigneur était juste un peu jouette.

Or, vous savez ce que c’est, la dure vie de prêtre: on n’a pas le sou pour s’acheter des chouettes jeux. Roger aurait pu faire des puzzles ou construire une chapelle en Lego. Mais puzzle et Lego, à force, ça devient gonflant. Alors le pauvre curé devait jouer avec ce qu’il avait sous la main quand la famille venait en visite: ses neveux.

Que voulez-vous, c’était il y a 25 ans, un temps où la PlayStation n’existait pas. C’est con: s’il avait eu une PlayStation pour un peu s’amuser, peut-être que Tonton Roger n’aurait pas été obligé de jouer à abus sexuel avec ses neveux.

Et puis, on oublie un truc. À l'époque, il ne savait pas que c’était mal, le tripote-kiki avec des petits garçons: "Je n’étais pas conscient que cela avait un tel impact sur mon neveu. Je croyais qu’il s’agissait de choses superficielles." C’est bête: Dieu aurait dû le prévenir que c’était ultra-traumatisant pour le gosse.

Quelle tête en l’air, ce Dieu! Enfin soit. Après, quand il a super bien réussi dans l’Eglise, Tonton Roger a versé de l’argent au gamin. Plusieurs millions de francs, quand même. Mais attention, n’allez pas imaginer des choses: "Il ne s’agissait pas d’obtenir son silence." Non-non, qui a dit ça? On disait que c’était juste une grosse dringuelle d’un généreux mononcle. Ou alors le salaire d’un job étudiant un peu spécial, mais vachement bien payé. Va savoir.

Enfin, le plus important, dans cette malheureuse histoire, c’est que Monseigneur Vangheluwe ait trouvé les ressources nécessaires à la réalisation de son destin de bienfaiteur: "Comme les faits ont cessé il y a 25 ans, j’ai pu vivre avec cela et très bien travailler." Tout est bien qui finit bien. Sur ce, il faut que je vous laisse. Je dois aller vomir.
v.peiffer@moustique.be

http://www.moustique.be/le-magazine/les-chroniques/vincen...

 

11:17 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.