27/10/2010

"Il est bon que les victimes osent enfin parler"

"Il est bon que ce mutisme soit enfin brisé et que les victimes osent parler. Nous devons être à leur écoute et reconnaître leur souffrance due au mal qui leur a été infligé par des prêtres", écrit Mgr Aloys Jousten, évêque de Liège, dans une lettre aux prêtres de son diocèse.

A première vue, le long silence des victimes est assez surprenant, estime l'évêque de Liège. "Il y a quelque temps, un homme m'a téléphoné pour parler pour la première fois d'un abus datant de plus de 60 ans. On ne lui avait pas imposé le silence, mais il n'a pas eu le courage d'en parler plus tôt. L'aurait-on cru s'il l'avait dit au moment des faits? Et plus tard, il était peut-être honteux d'en parler...", suppose l'évêque.

"En 1986, je suis entré au Conseil épiscopal; je peux témoigner et affirmer que toutes les affaires connues ont été traitées avec rigueur, que des mesures adéquates ont été prises et que les obligations imposées par les tribunaux ont été respectées", a écrit Mgr Jousten.

"En amont, nous devons mettre au point des critères d'admission et des formations spécifiques pour toutes les missions dans l'Eglise. Un code déontologique sera élaboré pour aider les professionnels et les bénévoles à bien se situer dans leurs relations avec des enfants, des jeunes, des adultes", rapporte l'évêque. (belga)

29/09/10 17h07

17:17 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le ministre de la justice accusé de défendre l'Eglise

Les procureurs généraux ont fait savoir jeudi au ministre de la Justice Stefaan De Clerck qu'ils ne collaboreraient pas avec le centre d'accueil pour les victimes d'abus sexuels annoncé par les évêques, rapportent vendredi La Libre et La DH/Les Sports.Les procureurs veulent préserver la primauté incontestable de la justice dans l'approche et le suivi des dossiers.

M. De Clerck avait dit mardi son souhait d'étudier comment une collaboration entre le centre et la justice était possible, insistant toutefois pour que tous les faits punissables soient transmis à la justice.

Aucune coopération avec l'Eglise
Les procureurs généraux sont unanimement décidés à exclure toute forme de coopération avec le centre en gestation. Le procureur général de Mons Claude Michaux refuse d'entendre parler d'une quelconque possibilité pour les membres du centre d'accueil de faire le tri entre les affaires prescrites et celles qui ne le seraient pas.
 
Ca ne va pas
L'appel de M. De Clerck (CD&V) aux victimes de s'adresser en premier lieu aux centres d'accueil suscite en outre la polémique jusqu'au sein du gouvernement, ajoute Le Soir. "Nous avions pourtant été clairs.
Nous lui avons dit: Stefaan, ça ne va pas. C'est comme s'il ne comprenait pas nos critiques", constate un ministre. "Il ne veut pas comprendre", renchéri un autre, pour qui "il est intervenu de manière exceptionnelle dans la défense de l'Eglise".
 
Stefaan De Clerck se dit "profondément blessé par ces critiques" qui vont "à l'encontre de l'image que j'ai de la Justice qui doit tout faire pour donner une place centrale à la Justice".  (belga)

17/09/10

17:15 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/10/2010

Pourquoi les victimes de prêtres abuseurs fustigent l’Eglise

 Léonard écoute mais n’agit pas

GUTIERREZ,RICARDO; DELEPIERRE,FREDERIC

Mercredi 15 septembre 2010

Les faits J’ai été violé par un prêtre, tel est le titre d’un livre signé l’an dernier par Joël Devillet, un jeune homme de 37 ans originaire d’Aubange. Depuis le début des années 80, il était en contact avec les prêtres de sa région. En 1987, Gilbert H., un jeune vicaire de 27 ans, arrive à Aubange. Il séduit les enfants de la commune. « Il avait un baby-foot, une console de jeux, un grand lit, relate Joël. Il n’en fallait pas plus pour attirer les enfants. J’en faisais partie. Tout a commencé par des caresses. Puis c’est allé plus loin. Lorsqu’il avait joui, il me renvoyait chez moi. Je n’aimais pas ça et je lui ai écrit plusieurs lettres. Il me répondait. » Une correspondance qui allait servir de preuves à Joël des années plus tard.

Leur dénonciation « Dès 1990, j’ai écrit à l’évêque auxiliaire de Namur, Mgr Musty pour lui faire part des abus dont j’étais victime et pour lui demander à ce que le vicaire parte », se souvient Joël Devillet.

« Un an plus tard, poursuit la victime, en février 1991, j’ai écrit une lettre à Mgr Léonard qui allait devenir évêque de Namur. Je lui ai fait part de mon vécu. Deux mois plus tard, il venait à Aubange pour effectuer sa première sortie depuis sa nomination. Il y célébrait la confirmation des enfants. Il m’a dit avoir reçu ma lettre. Durant une demi-heure, nous avons discuté dans sa voiture. »

En 1994, Joël Devillet entre au séminaire. C’est lors de cette première année que, finalement, il parle de son vécu à son « directeur spirituel ». Une procédure devant le tribunal ecclésiastique à charge de l’abbé Gilbert H. est lancée. On invite aussi le jeune séminariste à suivre une thérapie en lui promettant de prendre en charge le coût de celle-ci en échange de son silence. « Cela n’a jamais été fait », affirme-t-il.

Devant le peu de réactions de l’Eglise, le 4 juillet 1996, Joël Devillet porte plainte au tribunal ecclésiastique de Namur pour dénoncer les abus dont il a été victime. « Une confrontation a eu lieu le 14 novembre 1996 en présence de mon psychologue, (qui soit dit en passant est devenu prêtre quelques années après), du prêtre abuseur et du vicaire judiciaire. Je ne sais ce qu’est devenue cette plainte, n’ayant jamais eu de nouvelles depuis (en 1996). »

La réaction de l’Eglise Lors de cette fameuse confrontation entre les deux hommes, en novembre 1996, « le vicaire a avoué les faits, soutient Joël. En présence de notre correspondance, il ne pouvait faire autrement. »

Aujourd’hui, plusieurs instances, dont le primat de Belgique Mgr Léonard, affirment que le prêtre Gilbert H. n’a plus de fonctions pastorales depuis 1996. Visiblement, c’est faux.

Certes, le 5 mars 2001, il a été contraint de mettre fin à sa mission canonique et de quitter sa paroisse de Flawinne. Mais, les statuts du conseil presbytéral de Namur indiquent que « sont électeurs tous les prêtres diocésains incardinés dans le diocèse ainsi que les prêtres résidant dans le diocèse, dont les noms figurent dans l’Annuaire diocésain de Namur, et y exerçant, à titre principal, une fonction pastorale pour le bien du diocèse. » (Art. 8,-§1) Plus loin, « Tous les électeurs sont éligibles, à l’exception des membres de droit et de ceux qui auraient renoncé expressément par avance à la charge de membre du Conseil presbytéral. » (Art. 8.-§2) Or, Gilbert H. est repris dans l’Annuaire diocésain dans la catégorie secteur socio-caritatif de la liste des prêtres éligibles pour les élections du Conseil presbytéral de 2009.

Pour Joël Devillet, « il est évident que ce prêtre est toujours protégé par ses supérieurs et son Eglise. Il a quitté son presbytère en 2008 suite à mes visites chez son doyen et auprès de son bourgmestre. Et peut-être, suite à une autre plainte déposée, en 2007, contre lui par une autre personne dont il a abusé. Actuellement, il travaille auprès d’adultes en très grandes difficultés… comme éducateur spécialisé. » En juillet, Joël a déposé une nouvelle plainte à Namur. Elle vient d’être transmise à Rome à la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

Le cardinal Danneels se dit incompétent

Les faits « J’ai été abusé par un abbé en 1961 et 1962, à Saint Félix de Reilhac, près de Lascaux, en France. Je vivais, à l’époque, chez mes grands-parents. J’avais 11 ans. Après l’école, nous suivions le catéchisme avec l’abbé N. Il a commencé par m’isoler du groupe, en me demandant de rester auprès de lui, après le départ des autres. Il m’installait dans la sacristie, avec une bande dessinée. Il se masturbait, devant moi. Parfois, il me donnait la fessée… Un jour, il m’a emmené dans sa 2 CV, jusqu’à l’église de Mortemart, où il a tenté de me sodomiser. Je l’en ai empêché et j’ai refusé de le revoir. Mais mes grands-parents, qui n’avaient pas compris, m’ont contraint à le revoir. Deux ou trois ans après les faits, j’en ai parlé à mon père qui m’a répondu que j’avais trop d’imagination… ».

Leur dénonciation En 1989, alors qu’il est rentré en Belgique, Raoul (prénom d’emprunt) prend le train pour la Dordogne, où il compte obtenir les aveux écrits de son abuseur. La confrontation, à Hautefort, est terrible. Mais l’abbé N. cède.

Raoul dénonce immédiatement les faits, aveux écrits à l’appui, auprès du vicaire de Périgueux. Qui refuse de convoquer l’abuseur. Même indifférence à la Direction de l’Action sociale (DAS) locale : « Rentrez chez vous, monsieur ».

Raoul saisit la Justice française, au civil. Il est confronté à son abuseur, qui minimise les faits. Le tribunal tranchera en 1992 : les faits sont établis, mais il n’est pas possible d’établir un lien de causalité entre les abus endurés et l’état psychologique de la victime, ses dépressions et sa tentative de suicide. Le dossier médical établit par le professeur Léon Cassiers (UCL) ne permet pas de conclure. Raoul se voit finalement accorder l’euro symbolique, sans plus.

La réaction de l’Eglise Fort des aveux écrits de l’abuseur et du jugement qui établit les faits, Raoul s’adresse au cardinal Danneels, « afin qu’il fasse un geste, la Justice française n’ayant pas jugé utile de m’indemniser »… Ses lettres restent sans réponse. Il insiste, appelant, à plusieurs reprises, le secrétariat de l’archevêque.

Qui finira par lui adresser un courrier, le 14 septembre 1993. La lettre, signée par le chanoine Brieven, secrétaire de l’archevêché, comporte à peine trois phrases…

« Cher Monsieur, j’ai bien reçu votre lettre récente, et en ai parlé au Cardinal Godfried Danneels. Le Cardinal comprend votre souffrance, mais, comme les choses se sont passées en France, il n’est pas du tout compétent. Il vous suggère d’écrire directement à l’évêque de Périgueux, Monseigneur G. Poulain, Evêché, 22 rue Paul-Louis Courier, B.P. 5064, F – 24005 Périgueux Cedex. Très cordial bonjour, W. Brieven, Secrétaire ».

Raoul vient d’adresser copie de son dossier au juge d’instruction Wim De Troy.

Harpigny contacte le thérapeute

Les faits A la charnière entre les années 70 et 80, dans le Hainaut, Antoine (prénom d’emprunt) est fasciné par l’Eglise. A l’âge de 8 ans, il devient enfant de chœur dans sa paroisse. Très vite, le prêtre se montre entreprenant envers lui. « Il est enfant de chœur, ce qui lui donne beaucoup de joie et, déjà, la foi, relate la marraine d’Antoine. (…) Mais qui aurait pu croire que ce prêtre s’intéresserait trop aux petits garçons. Plusieurs enfants ont été victimes de ce prêtre pédophile. Antoine aussi. Mais tout le monde se tait car ce prêtre a du pouvoir (…). »

Ces abus, l’abbé D. les aurait commis les mercredis après-midi alors qu’il organisait des excursions à la piscine pour ses enfants de chœur. Il s’arrangeait, selon des témoignages précis, pour occuper un vestiaire collectif. Durant les congés scolaires, il invitait aussi régulièrement ses petits assistants pour des voyages en caravane ou dans des fermes, durant trois ou quatre jours. Il possédait un sac de couchage de deux places qu’il partageait toutes les nuits avec un enfant différent. C’est à ces moments-là qu’il se livrait à des attouchements.

Leur dénonciation Lors d’une excursion à Paris organisée par le prêtre, alors qu’Antoine est devenu adolescent, il se décide à entrer dans une église. Il y confesse les actes qu’il subit. Le prêtre lui conseille de dénoncer son bourreau. De retour en Belgique, Antoine n’ose pas. Il est vrai que son père est actif dans l’enseignement catholique. Et qu’il lui a d’ailleurs déjà dit que « ces choses ont toujours existé », que « ce sont les choses de la vie », qu’il ne fallait « plus fréquenter l’abbé ».

Muté, le prêtre n’a plus importuné Antoine. Plus tard, une religieuse le dénonce à l’évêché. Dans sa nouvelle paroisse, dit-elle, l’abbé D. hébergerait une douzaine d’adolescents défavorisés avec lesquels il se comporterait bizarrement. Aucune suite.

Antoine suit son parcours. Toujours très dévoué à l’institution religieuse, il est ordonné prêtre dans les années 90. En 1999, sa hiérarchie veut le nommer dans la paroisse de son abuseur. Antoine contacte son évêque à qui il fait part de son vécu. Il est entendu et envoyé dans une autre paroisse. Les années passent et Antoine change de paroisse à plusieurs reprises à travers l’espace francophone. On le dit instable. Lui se justifie en disant qu’il veut juste fuir son abuseur duquel on veut le rapprocher.

La réaction de l’Eglise En mars 2006, Antoine est reçu à l’évêché. On lui signifie qu’une plainte pour harcèlement le concerne et qu’une thérapie et une expertise s’imposent.

L’abbé Antoine ne se rend pas immédiatement chez le psy. Sa hiérarchie le menace. Il cède. Et, en pleine consultation, l’évêque Guy Harpigny téléphone au thérapeute pour savoir si Antoine est là. Il pose des questions au médecin au sujet de ses confidences.

Depuis lors, les convocations à l’évêché se sont multipliées. Désespérée, le 20 octobre 2009, la marraine d’Antoine, relate le calvaire du jeune prêtre dans une lettre de 14 pages envoyée au cardinal Danneels. Pour toute réponse, elle recevra un accusé de réception. Pour l’abbé Antoine, c’en est trop. En avril, sur les conseils du nouveau primat de Belgique Mgr Léonard, il adresse une plainte à la Commission Adriaenssens.

Pendant ce temps, dans la région de Charleroi, l’abuseur présumé, âgé de 80 ans, prêche toujours la bonne parole. Rencontré voici dix jours, il nous disait « n’avoir jamais abusé de qui que ce soit ». Quant à Mgr Harpigny, il nous assure qu’il recevra Antoine prochainement.

http://archives.lesoir.be/scandale-pedophile-pourquoi-les...

 

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La Justice remet l'Eglise à sa place

L'appel de M. De Clerck aux victimes de s'adresser en premier lieu aux centres d'accueil suscite en outre la polémique jusqu'au sein du gouvernement

BRUXELLES Les procureurs généraux ont fait savoir jeudi au ministre de la Justice Stefaan De Clerck qu'ils ne collaboreraient pas avec le centre d'accueil pour les victimes d'abus sexuels annoncé par les évêques, rapportent vendredi La Libre. Les procureurs veulent préserver la primauté incontestable de la justice dans l'approche et le suivi des dossiers.

M. De Clerck avait dit mardi son souhait d'étudier comment une collaboration entre le centre et la justice était possible, insistant toutefois pour que tous les faits punissables soient transmis à la justice.
Les procureurs généraux sont unanimement décidés à exclure toute forme de coopération avec le centre en gestation. Le procureur général de Mons Claude Michaux refuse d'entendre parler d'une quelconque possibilité pour les membres du centre d'accueil de faire le tri entre les affaires prescrites et celles qui ne le seraient pas.

L'appel de M. De Clerck (CD&V) aux victimes de s'adresser en premier lieu aux centres d'accueil suscite en outre la polémique jusqu'au sein du gouvernement, ajoute Le Soir. "Nous avions pourtant été clairs. Nous lui avons dit: Stefaan, ça ne va pas. C'est comme s'il ne comprenait pas nos critiques", constate un ministre. "Il ne veut pas comprendre", renchéri un autre, pour qui "il est intervenu de manière exceptionnelle dans la défense de l'Eglise".
Stefaan De Clerck se dit "profondément blessé par ces critiques" qui vont "à l'encontre de l'image que j'ai de la Justice qui doit tout faire pour donner une place centrale à la Justice".

© La Dernière Heure 2010 http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/325289/pedophi...

15:51 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les victimes risquent de rester sur leur faim

La conférence de Mgr Léonard a été très courte. Sans doute trop courte aux yeux des victimes. D’autant que ces dernières n’ont pas pu assister au discours de Léonard, qui parlait pourtant de dialogue avec les victimes. Le commentaire de Ricardo Gutiérrez et Marc Metdepennigen

Les victimes risquent de rester sur leur faim

Une image à retenir sera évidemment celle des victimes et représentants, qui n’ont pu assister à la conférence de presse Des portraits étaient affichés au-)dehors ©Thienpont

La conférence de presse de Mgr Léonard fut courte, très courte. Sans doute trop courte, d’ailleurs, aux yeux des victimes.

Mgr Léonard n’a rien annoncé de précis, ni concernant les éventuelles sanctions pénales contre les 91 prêtres identifiés par le rapport Adriaenssens, ni au sujet les indemnisations aux victimes. D’une manière générale, un peu comme samedi avec la déclaration de Roger Vangheluwe, il n’y a eu que peu de « mea culpa » de l’Eglise. Et, comme samedi, les victimes risquent de rester sur leur faim…

Une image à retenir sera évidemment celle des victimes et représentants, qui n’ont pu assister à la conférence de presse.

Lieve Haslberghe, membre de Droits de l’Homme dans l’Eglise, une association de victimes d’abus sexuels par des prêtres, n’a pas pu rentrer dans le bâtiment au 1, rue Guimard à Bruxelles, pour assister à la conférence de presse. Les gardes, à l’entrée, lui ont signifié que l’entrée était réservée à la presse. Un argument qui n’a pas vraiment convaincu l’intéressée, d’autant qu’avant son arrivée, les gardes ne vérifiaient pas l’identité des personnes qui souhaitaient pénétrer au Centre Interdiocésain.

Une attitude étonnante alors que, dans le même temps, Mgr Léonard parlait de pardon, d’écoute et de dialogue avec les victimes…

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-09-13/les-vi...

 

15:49 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La justice belge choque l’Église

Pédophilie

Face aux perquisitions spectaculaires menées dans l’Église catholique, le Vatican s’indigne, le ministère de la Justice temporise. Mais que s’est-il passé ?

La justice belge choque l’Église

 

Il est 10 h 30, jeudi 24 juin. Devant l’archevêché de Malines, siège de l’Église de Belgique, les voitures de police débarquent en nombre, sous le regard avide des caméras de télévision du pays. Sur la base de plaintes pour abus sexuels sur mineurs, un juge d’instruction mène l’enquête. Au total, 11 bâtiments d’Église sont perquisitionnés. Une opération d’envergure, qui secoue symboliquement toute l’Église.

Au domicile de l’ancien primat Mgr Danneels, les enquêteurs saisissent l’ordinateur du prélat. À la commission Adriaenssens, chargée de récolter et trier les plaintes pour abus sexuels sur mineurs, 475 dossiers sont emportés. À la cathédrale de Malines, le scénario prend des allures de roman ésotérico-policier : une équipe de la police scientifique s’engouffre dans la crypte, armée de matériel vidéo, d’un pied-de-biche et d’un marteau-piqueur, pour forer la tombe d’un cardinal récemment restaurée et y introduire une caméra à la recherche de documents éventuellement dissimulés.

"Digne du Da Vinci Code", ironise Mgr Léonard, l’archevêque de Bruxelles-Malines. Ce n’est pas tout : à l’archevêché, des fichiers informatiques et des ordinateurs sont saisis et neuf évêques, présents sur les lieux pour leur réunion mensuelle de la Conférence épiscopale, sont priés de rester sur place la journée. Abus de pouvoir de la part de la justice désireuse de faire un coup médiatique ou enquête en bonne et due forme sur un dossier gravissime que l’institution catholique peine à reconnaître ?

Illico, l’Église s’indigne de cette vague spectaculaire de perquisitions, qu’elle perçoit comme une attaque contre l’institution. À Rome, le secrétaire d’État du Vatican, Tarcisio Bertone, fustige la justice, estimant qu’il n’y a "pas de précédent, même dans les vieux régimes communistes". L’homme parle de "séquestration grave et invraisemblable" des évêques présents à l’archi­épiscopat, annonçant qu’ils étaient "restés neuf heures sans boire ni manger". Une information démentie par le ministère de la Justice qui va jusqu’à donner le menu des cardinaux : du poulet, des tomates et du vin.

Loin des excès romains, le primat de l’Église belge, Mgr Léonard, reconnaît le travail de la justice mais s’interroge sur les méthodes employées. Sur les ondes de Radio Vatican, il indique que "tous les évêques ont été interrogés par les enquêteurs, ce qui a donné l’impression au pays que tout le monde était suspect. On a terni l’image globale de l’Église de Belgique."

Que penser de la légitimité des méthodes employées ? Pour Pierre Chomé, professeur en droit pénal à l’Université libre de Bruxelles, "le symbole a été très fort. Car en Belgique l’Église a toujours bénéficié d’une immunité tacite." Mais, concernant les méthodes, rien ne lui semble anormal. "Quand une plainte aussi grave que celle d’abus sexuel sur mineur est déposée, le juge d’instruction mène son enquête de façon indépendante. Depuis l’affaire Dutroux, les enquêteurs veillent à explorer toutes les pistes d’un dossier. La tombe forée a choqué l’Église, mais si l’enquête débouchait sur un jugement et que l’on s’apercevait qu’une piste avait été ignorée, la justice serait la première condamnée."

Et comment juger les perquisitions de la commission Adriaenssens ? Créée en 2000 après l’affaire Dutroux par l’Église belge, cette structure avait signé une convention avec le ministère de la Justice, permettant à deux magistrats de faire la liaison entre Église et justice. Après cette affaire, tous ses membres ont claqué la porte, estimant que "la base de son fonctionnement n’existait plus, à savoir : l’indispensable confiance entre la justice et la commission". Pour Pierre Chomé, "il s’agissait d’un accord politique. Or, le juge d’instruction travaille sans être lié à ce type d’accord. S’il estimait devoir récupérer des dossiers, il l’a fait."

Au sein de l’Église, des voix s’étaient élevées pour qu’une commission plus indépendante soit mise sur pied. En avril, l’Église belge avait déjà été violemment secouée par la démission de l’évêque de Bruges, forcé de reconnaître qu’il avait abusé d’un mineur. Mgr Léonard avait alors prôné la tolérance zéro.

http://www.lavie.fr/hebdo/2010/3383/la-justice-belge-choq...

 

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Un moine tombe en syncope en pleine comparution pour moeurs

Un moine salésien qui a comparu vendredi devant le tribunal correctionnel de Liège pour y répondre de faits d'attentats à la pudeur sur deux jeunes filles a fait un malaise et s'est violemment heurté la tête sur le banc des avocats. Il a été emmené en ambulance et son affaire été reportée.
 
Le prévenu, éducateur dans une école catholique de la région de Liège, est poursuivi pour des faits qui se sont déroulés entre 2004 et 2006. Il est suspecté de s'être livré, sous la pression, à des attentats à la pudeur sur deux jeunes filles de 12 ans dans le cadre de ses fonctions d'éducateur.
 
La justice rencontre des difficultés à le juger. Car cet homme fait des malaises à répétition lorsque les mots "jeunes filles" et "attouchements" sont évoqués dans les reproches qui sont formulés à son égard. Au stade de l'instruction et lors des consultations chez ses avocats, il a déjà fait plusieurs malaises.
 
L'affaire a déjà été examinée à plusieurs reprises et interrompue lorsque ce prévenu a répété ses malaises aux audiences. Lors d'une précédente comparution, il avait préféré ne pas répondre à la convocation du tribunal et avait été condamné par défaut à une peine de 2 ans de prison ferme.
 
Il avait fait opposition. Un médecin légiste a certifié qu'il était en état de comparaître.
 
Vendredi matin, lors de sa nouvelle comparution en présence d'une des victimes, il a réclamé et obtenu que le procès se déroule en partie à huis clos. Diabétique et épileptique, il est tombé en syncope lorsque les faits ont été évoqués et sa tête a heurté un banc. Ouvert à l'arcade sourcilière, il a été emmené en ambulance.
L'affaire a été reportée au 17 septembre. (belga)

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1...

 

Justice liège: le moine condamné à 2 ans de prison

Un ancien moine salésien auteur d'attentats à la pudeur sur deux jeunes filles de 13 ans a été condamné vendredi à une peine de 2 ans de prison, avec sursis pour la moitié par le tribunal correctionnel de Liège.

A l'époque des faits, l'homme était éducateur dans une école catholique de Liège. Le prévenu était poursuivi pour des faits qui se sont déroulés entre 2004 et 2006. Il s'était livré à des attentats à la pudeur sur deux jeunes filles de 13 ans dans le cadre de ses fonctions d'éducateur. La justice rencontrait des difficultés à le juger car cet homme faisait des malaises à répétition lorsque les mots "jeunes filles" et "attouchements" étaient évoqués devant lui.L'individu niait les faits et prétendait être victime d'une vengeance organisée par ses victimes à qui il aurait refusé de donner des cigarettes.

 

Explications contradictoires

Le tribunal a relevé que les faits n'ont pas été dénoncés par les victimes, mais par le père d'un autre élève informé des agissements de cet éducateur. Les victimes avaient notamment déclaré que le prévenu avait pour habitude de toucher les fesses de ses élèves. Il avait attiré les deux jeunes filles dans sa chambre et les avait déshabillées avant de les embrasser, de se dévêtir et de se frotter contre elles. Le prévenu avait livré des explications contradictoires, tandis que la crédibilité des jeunes filles avait été soulignée par des psychologues.

http://www.rtlinfo.be/info/belgique/faits_divers/741986/j...

 

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Un prêtre catholique allemand inculpé de viol sur mineure

Un prêtre allemand a été inculpé de viol sur mineure après qu'une commission spéciale de l'Eglise catholique a porté l'affaire devant la justice, a-t-on appris mardi auprès du parquet d'Osnabrück. Cet abbé est accusé d'avoir contraint une paroissienne, âgée à l'époque de 14 ans, à des relations sexuelles pendant trois ans à partir de 1990, la menaçant et affirmant notamment que faute de lui céder "elle n'irait pas au ciel", selon le porte-parole du parquet.
 
L'abbé, âgé aujourd'hui de 50 ans, avait une personnalité très charismatique et appartenait à une secte conservatrice, selon le porte-parole. Un autre porte-parole, celui de l'évêché d'Osnabrück, a indiqué que le prêtre, qui dirigeait la paroisse de Spelle, en Basse-Saxe, après avoir officié dans celle de Haren, au moment des faits, avait été suspendu de ses fonctions en mars lorsque la victime l'avait dénoncé à l'évêché, qui avait ouvert une enquête.
 
L'évêché a transmis l'affaire à la justice après que le prêtre a refusé de se dénoncer à la police. L'Eglise catholique allemande fait face depuis le début de l'année à une série de révélations et d'accusations relatives à des abus sexuels de mineurs par des prêtres, notamment dans des écoles et internats dans les années 1970 et 1980. Le gouvernement a convoqué en avril une table ronde consacrée à la lutte contre les abus sexuels sur mineurs au sein de l'Eglise et à l'école et le président de la conférence épiscopale allemande, l'archevêque Robert Zollitsch, a présenté des excuses aux victimes. (belga/mb)

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Droits de l'Homme dans l'Eglise lance un appel aux victimes

Après la publication du rapport Adriaenssens, Droits de l'Homme dans l'Eglise, une association de victimes d'abus sexuels par des prêtres, lance un appel à toute personne ayant subi des faits de pédophilie au sein d'une relation pastorale à se manifester.
 
"Après lecture du rapport du professeur Adriaenssens, le temps est venu pour nous de constituer un groupe de victimes d'abus sexuels par des prêtres. Nous lançons un appel aux victimes à se manifester et à nous rejoindre", a déclaré dimanche Lieve Halsberghe, membre de l'association et parente de Godelieve Halsberghe, première présidente de la commission de traitement des plaintes pour abus sexuels dans la relation pastorale.
 
"L'Eglise nous avait demandé de nous taire, nous demandons aujourd'hui que les auteurs soient poursuivis", a ajouté la présidente de Droits de l'Homme dans l'Eglise, Linda Opdebeeck.
 
Joël Devillet, un membre de l'association, a précisé que les victimes pouvaient se manifester auprès de la justice "même si les faits les concernant étaient prescrits, en vue d'éviter d'autres victimes". Il a ajouté que l'appel de Mgr Léonard aux prêtres pédophiles à se dénoncer n'était qu'un "leurre". "Aucun prêtre n'est encore venu spontanément se dénoncer".
 
"Afin de passer du statut de victime à celui de survivant, les victimes d'abus sexuels par des prêtres peuvent nous contacter via www.droitsdelhommedansleglise.be ou venir à notre journée de rencontre le 2 octobre à Louvain", a indiqué Lieve Halsberghe. (belga)

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Témoignages de victimes de prêtres pédophiles belges.

La commission Adriaenssens a rendu public depuis ce vendredi 10h lors d'une conférence de presse son rapport d'activité dans lequel sont répertoriés plusieurs témoignages de victimes d'abus sexuels.

Peter Adriaenssens, président de la commission.
Peter Adriaenssens, président de la commission.

Le rapport, intitulé "Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale" et disponible en ligne, se compose outre de données chiffrées et de l'avis rendu par la commission, de témoignages très attendus de plusieurs victimes pour des faits s'étalant des années 50 jusqu'à la fin des années 80. Morceaux choisis.

"Un grand ami de la famille"
"J'avais 17 ans quand la relation abusive a commencé", écrit une des victimes, exilée depuis aux USA. "Depuis l'annonce de la démission de l'évêque de Bruges (Roger Vangheluwe NDLR), je vis de nouveau dans l'angoisse et la peur. Et pourtant je suis loin", fait part ce témoin dans une lettre. "Quand je lui ai parlé de mon désir de vie religieuse, il est devenu mon confident. J'ai fait confiance et je n'ai rien vu venir. (...) Il m'a dit que je devais apprendre la tendresse humaine, qu'il était préférable de l'apprendre en douceur avec lui. Parfois je me laissais faire, parfois pas. Alors il se fâchait, il buvait ou il me disait qu'il pouvait aller à xxxx dans les quartiers. (...) Quand je ne passais pas chez lui le soir, il téléphonait a mes parents, leur donnait une raison pour que j'y aille, il était un grand ami de la famille. Des caresses, il est passe à l'acte sexuel un 30 juin", écrit la victime.

"Cessez de le regarder, il vous laissera tranquille"
"Je me suis ouverte à xxxx qui m'a conseillé de parler a l'évêque, Mgr xxxx. Le lendemain, je suis allée le trouver sur l'esplanade. Je lui ai demandé à lui parler dans le sacrement de réconciliation, je lui ai dit : J'ai un problème avec un de vos prêtres.  Il a répondu: Cessez de le regarder, il vous laissera tranquille.  Je n'ai pas eu l'occasion de lui expliquer mon problème, il m'a fait signe de m'éloigner", regrette amèrement cette victime qui raconte avoir énormément souffert de ces abus, jusqu'à avoir tenté de se suicider.

En tout, sept témoignages effroyables sont retranscrits dans le rapport. Mais ce n'est pas tout. Sur base des statistiques établies par la commission on y apprend également que celle-ci a réceptionné les plaintes de pas moins de 488 victimes - 327 masculines et 161 féminines.  En outre, toujours selon le rapport, l'abus sexuel a pour la plupart des victimes commencé à l'âge de 12 ans  mais, ajoute-t-elle, "une victime avait 2 ans, cinq avaient 4 ans, huit 5 ans, sept 6 ans, dix 7 ans".

Excuses
En outre, le président démissionnaire de la Commission, Peter Adriaenssens, a présenté ses excuses vendredi aux victimes qui se sont adressées à la Commission, en raison de l'accord conclu avec cette dernière et la Justice.

La Commission pensait que cet accord était suffisant pour obtenir l'approbation de l'opinion publique et la Justice. "La Commission a sous-estimé le manque de confiance entre la Justice, l'opinion publique et l'Eglise", a relevé le professeur Peter Adriaenssens.

Ce n'est qu'après la "séquestration des dossiers" (lors des perquisitions au siège de la Commission), que la Commission a réalisé qu'il n'était pas souhaitable qu'elle contrôle le respect de cet accord. M. Adriaenssens estime aujourd'hui qu'il est préférable d'attribuer ce rôle à un observateur de la magistrature, qui devrait déterminer si la Commission n'empiète pas sur le travail du juge d'instruction.

Lors de la saisie des dossiers, la Commission n'a pas cherché à se défendre, a précisé son ancien président.

La Commission espérait que le juge d'instruction constate que l'accord était scrupuleusement respecté et que la Commission travaillait de manière éthique. Le rapport de la Commission, diffusé vendredi sur internet, sera transmis au Conseil supérieur de la Justice.

Initiative de l'Eglise attendue
M. Adriaenssens estime que c'est maintenant à l'Eglise à présenter sa nouvelle initiative visant à remplacer la Commission dont les membres ont démissionné début juillet. Il faut tirer des leçons du travail de la Commission et respecter la volonté des plaignants, a-t-il ajouté. (belga/vt)

Le site internet de la Commission: http://www.commissionabus.be.

15:35 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La pédophilie dans l'Eglise de Belgique: au moins 13 suicides de victimes !

Au moins treize personnes se sont suicidées après avoir été abusées par des prêtres en Belgique, a indiqué vendredi une commission chargée d'enquêter sur la pédophilie au sein de l'Eglise catholique belge.

Le rapport de la "Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale", mise sur pied par l'Eglise mais dirigée par un pédopsychiatre indépendant, souligne les "effets négatifs sur la santé physique et mentale et sur la vie relationnelle" des victimes.

"D'une seule donnée souvent présente dans les plaintes, on peut déduire l'ampleur de ces effets négatifs: le nombre élevé de suicides", soulignent les auteurs du rapport qui ont recueilli les témoignages de 475 personnes abusées ou de leurs proches.

"13 victimes ont communiqué que la personne concernée était décédée par suicide et ce en relation avec l'abus sexuel par un clerc", peut-on lire dans le rapport.

Une personne abusée a signalé que son partenaire s'était également suicidé "à la suite de l'impact de son passé sur lui-même et sur leur relation".
"Six personnes mentionnent également une tentative de suicide. Ce chiffre s'avérerait vraisemblablement encore plus élevé après les entretiens avec les victimes", qui n'ont pas encore eu lieu, ajoute le texte, disponible sur le site commissionabus.be
La plupart concernent des faits de pédophilie commis des années 1950 à la fin des années 1980 par des ecclésiastiques, mais aussi des professeurs de religion ou des accompagnateurs de mouvements de jeunesse.

http://www.dhnet.be/infos/belgique/article/324518/la-pedo...

15:33 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le silence organisé.

12.09.10 - 14:18

Le président de l'ex-commission Adriaenssens a rendu public son rapport ce vendredi. Un rapport qui soulage les victimes. Certains observateurs dénoncent un "silence organisé". Faut-il mettre en place une commission parlementaire ? Les avis sont partagés.

Les victimes d'abus sexuels se sentent soulagés par la publication du rapport de la commission Adriaenssens. Tous les invités présents sur le plateau de Mise au Point sont d'accord sur le fait que ce rapport a eu l'effet d'une bombe. Il y a désormais une certaine forme de prise de conscience de l'opinion publique. A vrai dire, "tout le monde savait, mais personne ne connaissait l'ampleur de ces faits". Tommy Scholtès, prêtre et directeur de l'agence Cathobel estime que l'Eglise peut avoir honte. Mais souligne le courage de l'Eglise à affronter la souffrance. Pour Tommy Scholtès, parler d'un "Dossier Dutroux de l'Eglise" est une comparaison gênante.

Gabriel Ringlet, ancien vice-recteur de l'UCL et prêtre lui-aussi, accepte cette comparaison forte. Mais il va plus loin. Il s'agit pour lui d'un problème qu'il juge plus grave car plus structurel. "Marc Dutroux était un pervers relativement isolé. Ici, je suis frappé par l'ampleur géographique". Une constatation qu'il ne fait pas pour enfoncer l'Eglise mais plutôt pour l'"encourager car ça ne fait que commencer, il faut aller jusqu'au bout".

"Silence organisé" et "omerta scandaleuse"

Walter Van Steenbrugge, avocat d'une trentaine de victimes d'abus parle, lui, de "silence organisé". Selon lui, il faut également se concentrer sur "les mécanismes qui ont soutenu, organisé le silence sur les faits". L'avocat estime que la justice n'a pas réagi comme il fallait. Sur le plateau de notre JT, il évoquait hier samedi le fait que le juge d'instruction investigue en fonction du principe de "non-assistance en danger". Walter Van Steenbrugge insiste pour que "les abuseurs et les autorités qui ont 'manipulé' pour que le silence soit de mise soient punis pour leur faute". Seul moyen pour que les victimes puissent être dédommagées.

Pierre Galand, le président du Centre d'Action Laique, parle d'"omerta scandaleuse" et souligne le traitement spécial auquel l'Eglise aurait eu droit. Et plaide pour une séparation nette entre la sphère privée de l'Eglise et publique de l'Etat. Gabriel Ringlet souhaite que la politique et la justice fasse leur travail jusqu'au bout, "tout comme l'Eglise". "Il est clair qu'elle a caché quelque chose". Le prêtre ne parle pas d'"omerta" mais plutôt de "lavage de linge sale en famille". Une mentalité qui n'est "plus possible aujourd'hui", estime Gabriel Ringlet.

"Il ne faut pas que l'arbre Vangheluwe cache la forêt Adriaenssens"

Le dossier Vangheluwe a lui aussi été abordé. Tommy Scholtès se dit "déçu qu'il ne perde pas son état clérical. Il est gravement pêcheur. Il ne peut plus être prêtre", estime-t-il. "Seul le Vatican peut, aujourd'hui, faire un geste", continue le prêtre.

Gabril Ringlet, lui, est "déçu par le communiqué. Il fallait une parole forte pour les victimes". Et insiste encore une fois pour que "l'arbre Vangheluwe ne cache pas la forêt du rapport Adriaenssens". "Il faut s'attaquer aux causes", affirme-t-il.

Mais comment en est-on arrivé là ? Le célibat des prêtres revient souvent sur la table. Gabriel Ringlet affirme que le célibat "devrait être un choix libre". Ce qui pose problème selon lui, c'est le fait que le célibat soit imposé aux prêtres. Ce qui, pour le prêtre, "peut conduire à l'immaturité sexuelle".

Une commission d'enquête parlementaire ?

Le Parlement doit-il s'emparer de ce dossier de pédophilie ? "Il faut une commission d'enquête parlementaire", affirme l'Ecolo Olivier Deleuze. Selon lui, c'est le seul moyen de savoir où "l'Etat a été faible". Car il "apparaît clairement qu'il s'agit d'un dérapage de tout un système et qu'il faut empêcher que cela se reproduise".

L'idée d'une commission d'enquête parlementaire ne fait pas l'unanimité. Le socialiste Thierry Giet estime qu'une telle commission "vicierait" l'enquête judiciaire en cours. Il plaide plutôt pour que Pieter Adriaenssens vienne présenter son rapport au Parlement. Il souligne également l'absence de lieu d'écoute pour les victimes. Même son de cloche du côté du cdH où Francis Delpérée doute de l'utilisation d'une telle procédure exceptionnelle, bien que le Parlement ne puisse rester indifférent. Le libéral Daniel Bacquelaine entend réaffirmer le droit des victimes. Il faut "aller plus loin dans la reconnaissance des victimes actuelles et éviter nouvelles victimes demain".

Allonger le délai de prescription ou s'attaquer aux racines du problème ?

C'est à nouveau le délai de prescription qui crée le débat. Cédric Visart de Brocarmé, procureur général de Liège, doute de l'allongement de cette période. "Serait-il raisonnable de mener une enquête 50 ans après les faits ?", s'interroge-t-il. D'autant plus qu'"un changement de loi n'aurait pas d'effet rétroactif", rappelle Francis Delpérée. Notons que Joëlle Milquet lors de l'émission "L'Indiscret" s'est dit, elle, ouverte au débat sur le rallongement du délai de prescription pour ces faits.

Olivier Deleuze estime, lui, qu'il est préférable de prendre le problème à la racine : "Pourquoi n'avons-nous rien su ? Quel rôle joue la Justice ?". Néanmoins, Daniel Bacquelaine (MR) va relancer les discussions à ce propos en commission de la Justice. Il avait déjà proposé en 2007 un allongement de ce délai pour les crimes d'abus sexuels sur mineurs.

 

A. de Callataÿ   Crédit photo : RTBF

 

http://www.rtbf.be/info/belgique/religion/affaire-dutroux...

15:31 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |