20/08/2010

Belgique - Namur

Prêtres pédophiles: Joël porte plainte et témoigne

Pris dans la tourmente de la pédophilie, le Vatican a durci jeudi ses règles en la matière. Ces nouvelles normes permettent aux victimes d'obtenir réparation. Ce qui a poussé Joël Devillet à porter plainte auprès de l'évêque de Namur. Avec cette deuxième plainte devant le tribunal ecclésiastique, il espère se faire entendre.

 

 

Abusé en 1987 par un prêtre pédophile, Joël Devillet a décidé de témoigner au grand jour. En 1996, il a porté plainte auprès du tribunal ecclésiastique de Namur. En vain. Aujourd’hui, il profite des nouvelles règles du Vatican dont l’allongement de dix ans du délai de prescription pour les faits de pédophilie. "Moi, il me reste un an pour que cela ne soit pas prescrit. J’ai donc réintroduit une plainte au tribunal de l’église de Namur contre mon prêtre qui m’a abusé, dans l’attente de voir si vraiment leur discours correspondant à la réalité", explique Joël Devillet au micro de Sébastien Prophète.

"C’est de la poudre aux yeux pour la presse"

Il avait d’abord poursuivi le prêtre au pénal devant la justice belge. Mais, même si les faits sont avérés, il y a eu prescription. En déposant plainte pour la seconde fois devant le tribunal ecclésiastique, il veut ainsi marquer le coup. Mais, il ne se fait pas d’illusion. "Je sais que tout cela, c’est de la foutaise. C’est de la poudre aux yeux pour la presse. C’est pour calmer. Mais, je sais qu’au final, il n’y a rien qui bougera parce qu’ils savent très bien que les victimes ont du mal à parler car il faut des preuves", avance Joël.

 

50% d’indemnité permanente

Pour le moment, il est sans emploi. Un récent rapport d’expert évalue l’impact des abus qu’il a subis. "L’expert me donne 50% d’indemnité permanente d’invalidité de travail. 16% sont attribués aux abus du prêtre et le reste à ma situation familiale de l’époque, à ma situation professionnelle actuelle."

Joël dénonce un système dans lequel, selon lui, les uns et les autres se protègent mutuellement. Même s’il sait que les chances de voir sa plainte aboutir sont minces, il continue à se battre. Son objectif est d’essayer au maximum d’empêcher qu’il y ait de nouvelles victimes.

 

http://www.rtlinfo.be/info/belgique/societe/724180/pretre...

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Eglise

"Défroquer un prédateur, c'est trop tard"

Les nouvelles règles sur la pédophilie édictées jeudi par le Vatican durcissent les procédures en vigueur selon les vaticanistes, mais restent fort insuffisantes pour les associations de victimes qui réclament plus de collaboration de l'Eglise avec la Justice.

"C'est sans aucun doute un durcissement des règles du Vatican en la matière puisqu'avec les procédures accélérées, il est possible de démettre un prêtre sans procès", relève ainsi le vaticaniste Andrea Tornielli. 
 
Cas graves et urgents
Cette disposition visant "les cas les plus urgents et graves", selon le Vatican, permet de remplacer le procès par un décret ou une décision du pape pour réduire le prêtre à l'état laïc. Un observateur du Vatican, parlant lui aussi de "renforcement", souligne que cette procédure est même applicable aux cardinaux et aux évêques, un processus jusqu'à présent "extrêmement compliqué".
 
Pour lui, le Vatican "va même au-delà de ce à quoi s'attendait le public en assimilant les abus sexuels sur des handicapés à la pédophilie".
Pour Andrea Tornielli, journaliste à La Stampa, la prolongation de 10 ans de la prescription est également importante même si "ces dernières années, la règle des 10 ans après la majorité n'était pas appliquée avec sévérité". 
 
Lois canoniques
Tout en notant que certaines de ces règles existaient déjà, il souligne que leur introduction dans les normes édictées par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) leur donne le statut de lois canoniques.
 
La conférence épiscopale allemande, pays natal du pape durement touché par ces scandales, s'est elle aussi félicitée, y voyant "un signal clair en faveur d'une reconnaissance et d'une punition sans faille de tels crimes", selon son président, Mgr Robert Zollitsch.


Les victimes réagissent
La réaction des associations de victimes a été totalement à l'opposé, comme le pressentait le vaticaniste américain John Allen pour qui "les critiques diront que le Vatican range les transats sur le pont du Titanic". 
 
A côté de la plaque
"Les nouvelles lignes directrices du Vatican concernant les abus sexuels peuvent être résumées en quelques mots: à côté de la plaque", a indiqué dans un communiqué Barbara Doris, une des responsables de l'association américaine SNAP. Même la procédure accélérée ne trouve pas ses faveurs: "défroquer un prédateur, par définition, c'est trop tard", a déclaré son directeur, David Clohessy.
 
"Les crimes pédophiles des prêtres doivent être déférés à la police et le Vatican doit en faire une règle obligatoire et uniforme", a-t-il affirmé regrettant que "les règles publiées aujourd'hui ne le font pas".
 
Pas d'ordre explicite
Relevant que les nouvelles procédures ne comprennent pas d'"ordre explicite" aux Eglises locales concernées de s'adresser à la justice civile, le porte parole du Vatican, le père Federico Lombardi a cependant rappelé que les normes vaticanes enjoignent déjà de "toujours suivre les dispositions de la loi civile". "Le Vatican n'est toujours pas prêt à remettre à une justice séculaire les documents sur les abus conservés dans ses archives", a regretté le porte-parole du collectif autrichien "Victimes des violences de l'Eglise".
 
La plate-forme "Wir sind Kirche" ("Nous sommes l'Eglise"), courant progressiste de l'Eglise autrichienne, a également jugé "insuffisantes" ces mesures qui "ne s'attaquent pas à la structure de l'Eglise",
En Italie, La Caramella buona a mis en doute, "malgré les efforts du pape", la "véritable volonté de la hiérarchie catholique d'affronter objectivement le problème". (belga)
15/07/10 20h55
 

joel devillet, bruxelles

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais je prefere les actes aux discours... on verra si la pratique suivra. En tout cas pour mon cas, il me reste une année avant la prescription. merci saint pere. j'attends la suite avec impatience www.joeldevillet.com

 
 

 

17:09 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

France - Belgique

http://www.dailymotion.com/video/xe1ywq_pedophilie-pourqu...

LCP  chaine parlementaire en France

Vidéo - débat - reportage sur 'l'Eglise et la pédophilie!'

reportage sur Joël Devillet  vers la 25ème minute.

17:05 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Eglise

Panique sous les mitres !

La justice, en lançant l'opération Calice au sein de l'Église belge, a décidé de briser le mur du silence

 

  • De notre envoyée spéciale en Belgique


    Sont-ce «les premiers signes de l'Apocalypse», comme certains fervents catholiques le pensent ici ? Depuis le déclenchement de l'opération Calice, menée contre les abus sur mineurs dans le clergé, la Belgique retient chaque jour son souffle. Il faut dire que, en lançant le 24 juin dernier une armada de policiers au palais archiépiscopal de Malines, le siège de l'Eglise belge, le juge d'instruction Wim de Troy a frappé très fort.
    Ce jour-là, les pandores débarquent en pleine assemblée des évêques, réunis en la présence exceptionnelle du nonce apostolique, pour perquisitionner les lieux, sous le feu des médias. Privés de leurs portables, les prélats sont retenus près de neuf heures dans la « salle du trône », en compagnie de tout le personnel ecclésial avec lequel ils se retrouvent à partager le poulet, les tomates et le vin prévus pour leur banquet.
    Les enquêteurs fédéraux remplissent deux camions entiers de cartons d'archives, de matériel informatique, de cassettes et de cédéroms, et visitent le domicile du cardinal Godfried Danneels, l'ancien primat de Belgique, à qui ils confisquent ordinateur et laptop. Plus spectaculaire encore, sur les indications de témoins, les hommes de la PJ vont jusqu'à pénétrer dans la cathédrale Saint-Rombaut pour sonder à l'aide d'une caméra la tombe de l'illustre cardinal Mercier et fouiller la crypte des évêques, à la recherche de documents secrets... « Ils se sont crus dans le «Da Vinci Code» !» raille alors Mgr Léonard, l'actuel primat. Le Vatican fait aussitôt part de son indignation. Pour Me Fernand Keuleneer, avocat de l'archidiocèse, qui s'interroge sur « la légitimité et la proportionnalité» de telles méthodes, «cela ressemble fort à une tentative d'humilier et de casser l'Eglise ».
    Dans le même temps, à Louvain, une équipe s'empare des 475 dossiers de plaintes parvenues depuis avril à la commission interdiocésaine chargée de traiter ces cas en toute confidentialité. La démission forcée de Roger Vangheluwe, évêque du diocèse de Bruges depuis 1984, qui avait publiquement avoué au printemps avoir abusé d'un neveu durant les années 1980, a en effet déclenché le flot des révélations... Mise en place par l'Eglise en 2000, dans la foulée de la prise de conscience collective entourant l'affaire Dutroux, la commission présidée par le pédopsychiatre Peter Adriaens sens démissionne quatre jours après la perquisition. Une amère revanche pour sa précédente présidente, Godelieve Halsberghe, qui s'était elle-même heurtée aux « lenteurs » et aux « blocages » de l'Institution, n'étant parvenue qu'à une seule condamnation pour trente-trois dossiers ouverts. Selon cette magistrate à la retraite, « épuisée par ces dix ans de combat », et qui aurait subi des menaces, «l'Eglise veut seulement s'excuser et oublier». «Mais on ne peut pas à la fois lui reprocher de ne rien faire et, quand elle fait quelque chose, la suspecter de vouloir cacher la vérité», proteste Eric de Beukelaer, le porte-parole des évêques.
    Bien déterminée à faire toute la lumière sur ces affaires trop longtemps recouvertes d'une chape de silence, la police mène aujourd'hui un double objectif : traquer les religieux abuseurs mais également découvrir les éventuelles négligences de leurs supérieurs ayant pu conduire à une non-assistance à personne en danger. C'est en ce sens qu'elle a entendu le 6 juillet, durant près de dix heures, Mgr Danneels, accusé par deux anciens curés flamands, Rick Devillé et Norbert Bethune, dont l'organisation regroupe à ce jour 320 victimes, d'être resté sourd aux informations qu'ils lui avaient apportées dès 1993 quant aux déviances de l'évêque de Bruges et d'autres religieux.
    Sauf que les méthodes musclées de la police, autorisées par Wim de Troy dont l'appartenance supposée à la franc-maçonnerie alimente les plus folles théories de complot anticlérical, ont fini par provoquer un débat national et un bras de fer entre magistrats. Afin de prévenir tout vice de forme, le parquet général de Bruxelles a rappelé les policiers à leur devoir de réserve, ouvert des informations judiciaires pour violation du secret professionnel à la suite des fuites parues dans la presse, et s'est saisi du dossier pour vérifier la régularité de l'enquête. Une mesure pour le moins exceptionnelle, qui pourrait conduire in fine à la destitution du juge d'instruction de Troy. Une procédure d'autant plus étrange aux yeux de certains que le procureur général Marc Delecourt, qui en est l'initiateur, n'est autre que celui qui présidait déjà il y a douze ans la chambre de la cour d'appel qui avait blanchi Mgr Danneels pour des faits assez similaires... En 1998, en effet, après la condamnation à six ans de prison de l'abbé André Vander pour viols sur des scouts, le tribunal avait d'abord estimé le cardinal, informé des comportements pédophiles du prêtre, civilement responsable.
    Alors que le Vatican tente de calmer la tempête en promulguant des mesures plus sévères contre la pédophilie (voir encadré), certaines victimes récupèrent déjà la balle au bond et risquent bien de replonger la coupole dans de nouveaux tourments. Ainsi Joël Devillet, 37 ans, auteur en 2009 du livre « Violé par un prêtre», qui affirme détenir des documents prouvant non seulement la culpabilité du jeune vicaire d'Aubange qui avait abusé de lui entre ses 14 et 20 ans, mais aussi la « négligence coupable » de Mgr Léonard, contre lequel il a porté plainte au civil en 2006 et qu'il souhaite à présent poursuivre au pénal. Le jour même de la parution des nouveaux délais de prescription pour les cas d'abus sur mineurs, Joël a saisi le tribunal ecclésiastique de Namur. «La première fois que j'avais déposé plainte devant l'Eglise, en 1996, on m'avait traité comme un moins que rien. Cette fois, je veux mettre Rome au pied du mur, qu'elle me reconnaisse enfin comme victime. » « L'Eglise a des choses à se reprocher, il est évident que d'autres affaires vont sortir, pronostique le père Charles Delhez, rédacteur en chef du journal catholique «Dimanche». Nous assistons à l'effondrement brutal de l'Institution. »

Le Vatican durcit les règles contre la pédophilie

Le Saint-Siège a publié le 15 juillet de nouvelles directives juridiques, plus fermes, pour la gestion des prêtres pédophiles. Le texte, de 31 articles, introduit des procédures accélérées pour les cas les plus urgents, pouvant conduire au retour immédiat à l'état laïque des coupables, et augmente de dix ans la durée de prescription des crimes d'abus sexuels, qui passe ainsi à vingt années après la majorité de la victime. Si, d'après les évêques italiens, le Vatican souhaite ainsi donner un « signal très fort », les associations de victimes ont jugé insuffisantes ces mesures, demandé l'ouverture des archives romaines et déploré l'absence d'« ordre explicite » pour les Eglises locales de dénoncer les cas à la justice civile. Le Vatican a toutefois rappelé samedi l'obligation pour l'Eglise catholique de respecter, dans tous les pays où elle est présente, les lois civiles locales. Seulement, en ajoutant, dans ce même document, l'ordination des femmes à la prêtrise comme nouveau « délit contre la foi » condamnable d'une excommunication automatique, le Vatican donne la fâcheuse impression de considérer comme plus grave la transgression de ce tabou que le viol d'un enfant...

17:03 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Rome

Ordonner une femme, plus grave qu’abuser d’un enfant

KUCZKIEWICZ,JUREK

Samedi 17 juillet 2010

Le Vatican a publié ce jeudi un texte promulguant des normes révisées sur ce qu’on appelle dans l’Église « les délits les plus graves », directement gérés par la Congrégation pour la doctrine de la foi (l’ex-Saint office). Il s’agit de la liste de ces délits, et des sanctions susceptibles de les punir. L’intérêt médiatique s’est bien entendu porté sur les nouvelles mesures visant les actes de pédophilie : accélération des procédures, allongement de 10 à 20 ans de la prescription, et introuction des abus sexuels sur les personnes handicapées mentales.

Mais le document introduit, outre « les délits les plus graves », un nouveau « délit contre la foi » : l’ordination de femmes à la prêtrise. Celle-ci sera désormais punie de l’excommunication automatique. Cette sanction est en fait la plus grave dans l’Église. Elle ne résulte pas d’une décision (d’un évêque, ou du Vatican), après une instruction: rien ni personne ne peut entraver cette excommunication, puisqu’elle est automatique. Inutile de rappeler que le viol d’un enfant n’est pas sanctionné de façon aussi grave...

En juxtaposant de la sorte les crimes de pédophilie et l’ordination de femmes, le Vatican, commentait le quotidien français La Croix, opère une confusion perverse, où la transgression d’un tabou (la prêtrise masculine) est jugée plus grave que l’atteinte portée à un homme ou même un enfant.

http://archives.lesoir.be/ordonner-une-femme-plus-grave-q...

17:00 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Belgique, Namur

Pédophilie : nouvelle plainte chez l’évêque de Namur

n.c.

Samedi 17 juillet 2010

La nouvelle position de l’Eglise face au prêtre pédophile permet à des victimes d’obtenir réparation. Notamment, le délai de prescription pour des faits d’abus sexuels a été étendu de 10 à 20 ans.

Chez nous, Joël Devillet, victime d’un prêtre pédophile, a saisi la balle au bond. Il a déposé une plainte auprès de Mgr Rémy Vancottem, évêque de Namur. Il espère en cela être enfin reconnu comme victime d’abus par l’Eglise.

P.8 Le témoignage de Joël devillet

http://archives.lesoir.be/pedophilie-nouvelle-plainte-che...

16:59 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Belgique: Un abbé abusé et abandonné par l'Eglise

 

Depuis sa plus tendre enfance, Antoine (prénom d'emprunt) était fasciné par l'Eglise. A 8 ans, il devient enfant de chœur dans une paroisse. Son calvaire allait commencer. Il était tombé entre les griffes d'un prêtre qui allait abuser de lui durant sept longues années. Comme il allait le faire avec d'autres enfants et adolescents. Alors qu'on lui conseille de dénoncer son bourreau, son père lui dit que « ces choses ont toujours existé », que « ce sont les choses de la vie » et qu'il ne fallait « plus fréquenter l'abbé. »

« Afin d'éviter le scandale, je suis toujours resté silencieux sur cette souffrance. Mais j'ai dû un jour en parler à mes supérieurs », raconte Antoine. Aujourd'hui, le bourreau sévirait toujours. Antoine, lui, a dénoncé les faits à plusieurs reprises à plusieurs instances, dont au cardinal Danneels. Jamais il n'a été entendu. « Le cardinal a bien reçu votre lettre et la copie de celle que vous avez envoyée au nonce apostolique le 20 octobre », a-t-il simplement reçu en guise de réponse, un accusé de réception du secrétariat. Aujourd'hui, il est prêtre, lui aussi. Il se sent seul et abandonné. Un témoignage exclusif.

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-07-09/un-abb...

 

Une alliance entre deux hommes libres

n.c.

Samedi 10 juillet 2010

Carte blanche

Eric de Beukelaer Porte-parole des évêques de Belgique

L’édito paru ce vendredi dans les colonnes du Soir, est intitulé : « L’Eglise, un fonctionnement hors normes ». Partant du témoignage anonyme d’un prêtre francophone, indiqué sous le pseudonyme d’« abbé Antoine », il assène : « C’est que le fonctionnement de l’Eglise catholique ne correspond pas à des normes élémentaires d’une société basée sur des droits humains et individuels fondamentaux. Un porte-parole éminent de l’institution le confirme en revendiquant un qualificatif inouï pour caractériser le lien entre le prêtre et son évêque tout-puissant : une relation “féodale”. On a bien lu : “féodale”. Nous sommes au XXIe siècle, et l’Eglise semble pratiquer un exercice de l’autorité remontant au Moyen Âge, et s’en revendique. Ce ne sont pour une fois pas les “anti-calotins” les plus radicaux qui usent des termes les plus durs. »

Interrogé jeudi soir tard par un journaliste du Soir sur le lien d’autorité liant l’évêque diocésain aux prêtres de son diocèse, j’ai expliqué le sens du geste symbolique qui veut que – lors de son ordination – le nouveau prêtre mette ses mains entre celles de l’évêque. J’ai signifié que ce geste remontait à l’époque de la féodalité.

Ainsi se concluait une alliance entre deux hommes libres – j’insiste sur « libres » : l’un promettait d’être loyal envers l’autre et ce dernier s’engageait à assurer sa protection au premier. Je voulais illustrer en cela que le lien entre l’évêque et son prêtre n’était pas d’ordre juridique, mais basé sur la confiance mutuelle.

J’avais par ailleurs ajouté que des garde-fous existent dans le droit canonique (ainsi le canon 221), afin de combattre les possibles dérapages. Cela, sans oublier les recours devant les tribunaux, auxquels ont accès tous les citoyens d’un État démocratique. Vu l’édito du Soir, je regrette d’avoir lâché ce mot de « féodalité » en oubliant que – dans les circonstances actuelles – d’aucuns pourraient l’utiliser dans le sens péjoratif de « ce qui fleure bon la relation de servage ».

Ma communication maladroite s’explique peut-être par la fatigue accumulée de ces derniers jours et par la confiance que j’ai toujours mise dans le journal où est publié cet édito.

Il m’est, par contre, difficile de réagir au témoignage douloureux de « l’abbé Antoine », vu son caractère totalement anonyme. Il appartiendra à ceux auprès duquel ce prêtre a déposé un recours de se prononcer à son sujet. Je puis simplement y superposer un autre – le mien. Cela fait 19 ans que je suis prêtre diocésain. Je puis témoigner que, quand je compare ma relation à mon évêque aux relations d’autorité qu’entretiennent nombre de mes amis avec leur direction d’entreprise, je me sens infiniment plus libre de mes paroles et de mes actes. Et je pense pouvoir, en cela, me faire le porte-parole de nombreux autres prêtres. Cela ne veut pas dire que tout est parfait dans le meilleur des mondes.

Ainsi, comme Mgr Léonard l’a signalé lors de son homélie de Pâques, en ce qui concerne la question des abus sexuels, par le passé, l’institution – collectivement – n’a pas été suffisamment sensible à la souffrance profonde des victimes et au drame de l’abus. La commission – dite « Adriaenssens » – avait été mise sur pied pour remédier à cela. Vu l’arrêt de ses travaux et la médiatisation actuelle, c’est par voie de presse que certaines victimes crient désormais leur souffrance. Nous comprenons cela, mais invitons une fois de plus les acteurs de la société civile à entendre ce cri sans sombrer – par des généralisations abusives – dans une présentation de l’Eglise sous forme de cliché. 'le soir'

 

http://archives.lesoir.be/carte-blanche-une-alliance-entr...

 

 

16:55 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |