20/08/2010

Rome

Ordonner une femme, plus grave qu’abuser d’un enfant

KUCZKIEWICZ,JUREK

Samedi 17 juillet 2010

Le Vatican a publié ce jeudi un texte promulguant des normes révisées sur ce qu’on appelle dans l’Église « les délits les plus graves », directement gérés par la Congrégation pour la doctrine de la foi (l’ex-Saint office). Il s’agit de la liste de ces délits, et des sanctions susceptibles de les punir. L’intérêt médiatique s’est bien entendu porté sur les nouvelles mesures visant les actes de pédophilie : accélération des procédures, allongement de 10 à 20 ans de la prescription, et introuction des abus sexuels sur les personnes handicapées mentales.

Mais le document introduit, outre « les délits les plus graves », un nouveau « délit contre la foi » : l’ordination de femmes à la prêtrise. Celle-ci sera désormais punie de l’excommunication automatique. Cette sanction est en fait la plus grave dans l’Église. Elle ne résulte pas d’une décision (d’un évêque, ou du Vatican), après une instruction: rien ni personne ne peut entraver cette excommunication, puisqu’elle est automatique. Inutile de rappeler que le viol d’un enfant n’est pas sanctionné de façon aussi grave...

En juxtaposant de la sorte les crimes de pédophilie et l’ordination de femmes, le Vatican, commentait le quotidien français La Croix, opère une confusion perverse, où la transgression d’un tabou (la prêtrise masculine) est jugée plus grave que l’atteinte portée à un homme ou même un enfant.

http://archives.lesoir.be/ordonner-une-femme-plus-grave-q...

17:00 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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