20/08/2010

Eglise

"Défroquer un prédateur, c'est trop tard"

Les nouvelles règles sur la pédophilie édictées jeudi par le Vatican durcissent les procédures en vigueur selon les vaticanistes, mais restent fort insuffisantes pour les associations de victimes qui réclament plus de collaboration de l'Eglise avec la Justice.

"C'est sans aucun doute un durcissement des règles du Vatican en la matière puisqu'avec les procédures accélérées, il est possible de démettre un prêtre sans procès", relève ainsi le vaticaniste Andrea Tornielli. 
 
Cas graves et urgents
Cette disposition visant "les cas les plus urgents et graves", selon le Vatican, permet de remplacer le procès par un décret ou une décision du pape pour réduire le prêtre à l'état laïc. Un observateur du Vatican, parlant lui aussi de "renforcement", souligne que cette procédure est même applicable aux cardinaux et aux évêques, un processus jusqu'à présent "extrêmement compliqué".
 
Pour lui, le Vatican "va même au-delà de ce à quoi s'attendait le public en assimilant les abus sexuels sur des handicapés à la pédophilie".
Pour Andrea Tornielli, journaliste à La Stampa, la prolongation de 10 ans de la prescription est également importante même si "ces dernières années, la règle des 10 ans après la majorité n'était pas appliquée avec sévérité". 
 
Lois canoniques
Tout en notant que certaines de ces règles existaient déjà, il souligne que leur introduction dans les normes édictées par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) leur donne le statut de lois canoniques.
 
La conférence épiscopale allemande, pays natal du pape durement touché par ces scandales, s'est elle aussi félicitée, y voyant "un signal clair en faveur d'une reconnaissance et d'une punition sans faille de tels crimes", selon son président, Mgr Robert Zollitsch.


Les victimes réagissent
La réaction des associations de victimes a été totalement à l'opposé, comme le pressentait le vaticaniste américain John Allen pour qui "les critiques diront que le Vatican range les transats sur le pont du Titanic". 
 
A côté de la plaque
"Les nouvelles lignes directrices du Vatican concernant les abus sexuels peuvent être résumées en quelques mots: à côté de la plaque", a indiqué dans un communiqué Barbara Doris, une des responsables de l'association américaine SNAP. Même la procédure accélérée ne trouve pas ses faveurs: "défroquer un prédateur, par définition, c'est trop tard", a déclaré son directeur, David Clohessy.
 
"Les crimes pédophiles des prêtres doivent être déférés à la police et le Vatican doit en faire une règle obligatoire et uniforme", a-t-il affirmé regrettant que "les règles publiées aujourd'hui ne le font pas".
 
Pas d'ordre explicite
Relevant que les nouvelles procédures ne comprennent pas d'"ordre explicite" aux Eglises locales concernées de s'adresser à la justice civile, le porte parole du Vatican, le père Federico Lombardi a cependant rappelé que les normes vaticanes enjoignent déjà de "toujours suivre les dispositions de la loi civile". "Le Vatican n'est toujours pas prêt à remettre à une justice séculaire les documents sur les abus conservés dans ses archives", a regretté le porte-parole du collectif autrichien "Victimes des violences de l'Eglise".
 
La plate-forme "Wir sind Kirche" ("Nous sommes l'Eglise"), courant progressiste de l'Eglise autrichienne, a également jugé "insuffisantes" ces mesures qui "ne s'attaquent pas à la structure de l'Eglise",
En Italie, La Caramella buona a mis en doute, "malgré les efforts du pape", la "véritable volonté de la hiérarchie catholique d'affronter objectivement le problème". (belga)
15/07/10 20h55
 

joel devillet, bruxelles

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais je prefere les actes aux discours... on verra si la pratique suivra. En tout cas pour mon cas, il me reste une année avant la prescription. merci saint pere. j'attends la suite avec impatience www.joeldevillet.com

 
 

 

17:09 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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