20/08/2010

Belgique: Un abbé abusé et abandonné par l'Eglise

 

Depuis sa plus tendre enfance, Antoine (prénom d'emprunt) était fasciné par l'Eglise. A 8 ans, il devient enfant de chœur dans une paroisse. Son calvaire allait commencer. Il était tombé entre les griffes d'un prêtre qui allait abuser de lui durant sept longues années. Comme il allait le faire avec d'autres enfants et adolescents. Alors qu'on lui conseille de dénoncer son bourreau, son père lui dit que « ces choses ont toujours existé », que « ce sont les choses de la vie » et qu'il ne fallait « plus fréquenter l'abbé. »

« Afin d'éviter le scandale, je suis toujours resté silencieux sur cette souffrance. Mais j'ai dû un jour en parler à mes supérieurs », raconte Antoine. Aujourd'hui, le bourreau sévirait toujours. Antoine, lui, a dénoncé les faits à plusieurs reprises à plusieurs instances, dont au cardinal Danneels. Jamais il n'a été entendu. « Le cardinal a bien reçu votre lettre et la copie de celle que vous avez envoyée au nonce apostolique le 20 octobre », a-t-il simplement reçu en guise de réponse, un accusé de réception du secrétariat. Aujourd'hui, il est prêtre, lui aussi. Il se sent seul et abandonné. Un témoignage exclusif.

http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-07-09/un-abb...

 

Une alliance entre deux hommes libres

n.c.

Samedi 10 juillet 2010

Carte blanche

Eric de Beukelaer Porte-parole des évêques de Belgique

L’édito paru ce vendredi dans les colonnes du Soir, est intitulé : « L’Eglise, un fonctionnement hors normes ». Partant du témoignage anonyme d’un prêtre francophone, indiqué sous le pseudonyme d’« abbé Antoine », il assène : « C’est que le fonctionnement de l’Eglise catholique ne correspond pas à des normes élémentaires d’une société basée sur des droits humains et individuels fondamentaux. Un porte-parole éminent de l’institution le confirme en revendiquant un qualificatif inouï pour caractériser le lien entre le prêtre et son évêque tout-puissant : une relation “féodale”. On a bien lu : “féodale”. Nous sommes au XXIe siècle, et l’Eglise semble pratiquer un exercice de l’autorité remontant au Moyen Âge, et s’en revendique. Ce ne sont pour une fois pas les “anti-calotins” les plus radicaux qui usent des termes les plus durs. »

Interrogé jeudi soir tard par un journaliste du Soir sur le lien d’autorité liant l’évêque diocésain aux prêtres de son diocèse, j’ai expliqué le sens du geste symbolique qui veut que – lors de son ordination – le nouveau prêtre mette ses mains entre celles de l’évêque. J’ai signifié que ce geste remontait à l’époque de la féodalité.

Ainsi se concluait une alliance entre deux hommes libres – j’insiste sur « libres » : l’un promettait d’être loyal envers l’autre et ce dernier s’engageait à assurer sa protection au premier. Je voulais illustrer en cela que le lien entre l’évêque et son prêtre n’était pas d’ordre juridique, mais basé sur la confiance mutuelle.

J’avais par ailleurs ajouté que des garde-fous existent dans le droit canonique (ainsi le canon 221), afin de combattre les possibles dérapages. Cela, sans oublier les recours devant les tribunaux, auxquels ont accès tous les citoyens d’un État démocratique. Vu l’édito du Soir, je regrette d’avoir lâché ce mot de « féodalité » en oubliant que – dans les circonstances actuelles – d’aucuns pourraient l’utiliser dans le sens péjoratif de « ce qui fleure bon la relation de servage ».

Ma communication maladroite s’explique peut-être par la fatigue accumulée de ces derniers jours et par la confiance que j’ai toujours mise dans le journal où est publié cet édito.

Il m’est, par contre, difficile de réagir au témoignage douloureux de « l’abbé Antoine », vu son caractère totalement anonyme. Il appartiendra à ceux auprès duquel ce prêtre a déposé un recours de se prononcer à son sujet. Je puis simplement y superposer un autre – le mien. Cela fait 19 ans que je suis prêtre diocésain. Je puis témoigner que, quand je compare ma relation à mon évêque aux relations d’autorité qu’entretiennent nombre de mes amis avec leur direction d’entreprise, je me sens infiniment plus libre de mes paroles et de mes actes. Et je pense pouvoir, en cela, me faire le porte-parole de nombreux autres prêtres. Cela ne veut pas dire que tout est parfait dans le meilleur des mondes.

Ainsi, comme Mgr Léonard l’a signalé lors de son homélie de Pâques, en ce qui concerne la question des abus sexuels, par le passé, l’institution – collectivement – n’a pas été suffisamment sensible à la souffrance profonde des victimes et au drame de l’abus. La commission – dite « Adriaenssens » – avait été mise sur pied pour remédier à cela. Vu l’arrêt de ses travaux et la médiatisation actuelle, c’est par voie de presse que certaines victimes crient désormais leur souffrance. Nous comprenons cela, mais invitons une fois de plus les acteurs de la société civile à entendre ce cri sans sombrer – par des généralisations abusives – dans une présentation de l’Eglise sous forme de cliché. 'le soir'

 

http://archives.lesoir.be/carte-blanche-une-alliance-entr...

 

 

16:55 Écrit par J.D. | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

A chaque fois que l'abbé debeukelaer parle il décridibilise son Eglise... quelle tristesse.

Écrit par : joel | 20/08/2010

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