20/05/2010

Italie

Première en Italie : un évêque témoigne au procès d'un prêtre pédophile

| Pour la première fois en Italie, un évêque a été appelé à témoigner et à justifier sa conduite jeudi à Rome au procès d'un prêtre de 56 ans accusé d'avoir commis des actes pédophiles lorsqu'il était sous son autorité, a constaté un journaliste de l'AFP.


| 20.05.2010

Pour la première fois en Italie, un évêque a été appelé à témoigner et à justifier sa conduite jeudi à Rome au procès d'un prêtre de 56 ans accusé d'avoir commis des actes pédophiles lorsqu'il était sous son autorité, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mgr Gino Reali, évêque de Porto-Santa Rufina, dans la banlieue de Rome, a raconté comment l'accusé, Don Ruggero Conti, arrêté en juin 2008, avait "démenti" en septembre 2006, au cours de la fête patronale de sa paroisse de Selva Candida, les rumeurs selon lesquelles il avait eu des "comportements incorrects avec des enfants".

"Pour moi, les affirmations (mettant en cause Don Ruggero) présentaient un grand manque de fiabilité, je ne les ai pas crues", a-t-il expliqué. "Je les ai vues comme le fruit de la rancune" de personnes mal intentionnées, a-t-il ajouté.

En novembre 2006 toutefois, il fut alerté par un jeune homme, Marco Zazza, qui lui affirma que pendant une sortie en camping six ou sept ans plus tôt, Don Ruggero l'avait embrassé et s'était livré à des attouchements sur lui. L'évêque a affirmé l'avoir incité à en référer à la police, mais Marco Zazza a renoncé parce qu'il ne voulait pas que ses parents aient connaissance de cette affaire.

A la suite de ces confidences, Mgr Reali a demandé à Don Ruggero de "se conduire plus prudemment avec les enfants et de ne pas les recevoir chez lui".

En décembre 2006, un autre jeune homme, Marco Facinelli, âgé de 23 ans, lui raconta avoir subi des sévices sexuels de la part du prêtre une dizaine d'années plus tôt.

"J'ai trouvé ce garçon sincère et lui ait dit de tout mettre par écrit et d'aller à la police", a-t-il raconté. S'il mit en effet par écrit son expérience, le jeune homme renonça cependant à aller à la police car "il ne voulait pas que ses parents le sachent".

L'évêque mit en place un tribunal diocésain pour traiter l'affaire, qui fut finalement classée lorsque Marco Facinelli ne se présenta pas à l'audience.

Le procureur s'est alors étonné de l'inaction de l'évêque : "Après tout cela, il ne vous est pas venu à l'esprit que d'autres mineurs pourraient subir des abus ?" lui a-t-il lancé.

"Je n'ai pas reçu d'autres informations jusqu'à l'arrestation de Don Ruggero" en juin 2008, s'est expliqué l'évêque, qui a argué du poids des activités imposées par son diocèse, "très grand, qui compte 500.000 habitants, 55 paroisses et une centaine de prêtres".

Il a toutefois ajouté avoir "rencontré à ce propos quelqu'un de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (chargée des questions de discipline, ndlr), mais de façon informelle".

S'indignant de la passivité de Mgr Reali, un avocat de la partie civile, Me Nino Marazzita, a demandé à ce qu'il soit inculpé de recel de malfaiteur.

Au cours de l'audience, un autre prêtre, ex-collaborateur de Don Ruggero, Don Claudio Peno Brighetto, a expliqué l'avoir un jour surpris en 2006 "en train de toucher un garçon entre les jambes".

La prochaine audience du procès, qui se déroule devant la sixième section pénale du tribunal de Rome, doit avoir lieu le 15 juin.

 

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23:30 Écrit par J.D. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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