17/02/2010

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Faits-Divers

La séroposivité du père Hoarau pèse sur son incarcération

CLICANOO.COM | Publié le 17 février 2010

Mis en examen pour viol sur mineur, le père Jacky Hoarau qui officiait à Sainte-Marie, a été placé en détention le 3 février dernier par le juge des libertés et de la détention. L’homme d’Église faisait, hier, appel de cette décision devant la chambre de l’instruction. Devant les juges, il a expliqué avoir “dérapé”. Sa séropositivité a pesé lourd dans les débats. Les juges ont confirmé son maintien en détention.

L’infraction n’existe pas. Pourtant, il en a été clairement question au moment de placer le père Jacky Hoarau en détention. Séropositif depuis 20 ans, le prêtre ne s’est pas protégé lors des fellations qu’il a imposées à son enfant de chœur. Il a donc fait courir un risque à sa jeune victime. Risque qui ne s’est, fort heureusement, pas soldé par une contamination. Mais qui a pesé lors des débats.

“Une amitié qui a dérapé”

Doit-il rester en détention ? Non, plaide son avocat. Oui, répondront les juges de la chambre de l’instruction. Mais avant que l’audience ne débute, Me Jean-Pierre Gauthier, l’avocat du père Jacky Hoarau, demande le huis clos. Et pour cause, la séropositivité du prêtre n’a, pour l’heure, jamais été abordée publiquement. L’avocat général souhaite la publicité des débats, les juges tranchent et les portes de la salle sont rouvertes. Les faits débutent lors de la Pentecôte 2008. Des attouchements ont lieu, puis des fellations. Si le prêtre ne va pas plus loin, c’est parce que le jeune garçon s’y refuse. Dans le box des accusés, le curé assume ses actes. “Une complicité s’est établie entre nous. Petit à petit, nous sommes arrivés à ces gestes. Je reconnais qu’on n’aurait pas dû en arriver là. C’est une amitié qui a dérapé. Je ne savais plus comment me rétracter. J’en ai perdu le sommeil, le goût de travailler. Lorsque la maman est venue me voir, je lui ai proposé d’aller moi-même voir mon autorité religieuse. Puis je me suis retiré tout le mois de janvier en attendant que la justice fasse son travail.” Le président Olivier Froment l’interroge sur les tags homophobes dénonçant le nom de la victime et le présentant comme l’auteur des faits. “Je n’aurais jamais imaginé une telle chose. Je n’ai aucune idée de la main qui a pu écrire un tel texte, c’est inadmissible.” Le président poursuit : “Si vous reconnaissez les faits, pourquoi contestez-vous votre mandat de dépôt ?” -Parce que c’est mon droit. Et humainement parlant, je reconnais mes torts. Et je ne pense pas que rester enfermé m’aidera à me sentir mieux. J’inflige une souffrance à ma famille.” L’avocat général, François Basset, poursuit l’interrogatoire. “Vous avez dit : je n’avais pas toujours d’explications religieuses à ce que je faisais. Qu’est-ce que cela signifie ?” Réponse de l’homme d’Église. “Je tentais de donner une explication à chacun de nos gestes. Par exemple, quand je l’embrassais sur la bouche, je lui disais que c’était ainsi que s’embrassaient les premiers apôtres.” L’avocat général : “Par rapport à ce qui a été écrit sur le mur, pensez-vous que le jeune garçon est victime ou que c’est lui qui vous a détourné ?” Le prêtre : “Je reconnais les faits et j’accepte ma responsabilité. Il n’est pas question de dire que c’est lui qui m’a détourné.”

“On utilise sa maladie pour justifier sa détention”

Pour Me Jean-Pierre Gauthier qui défend le mis en cause, la détention provisoire ne se justifie pas et le référé-liberté est tout à fait adapté. “Il a reconnu les faits et n’a jamais cherché à fuir ou à faire obstruction. Au contraire. Il a patiemment attendu sa convocation. Si des pressions devaient avoir lieu, elles auraient déjà été exercées. L’évêché est prêt à l’envoyer à la Montagne dans une maison de retraite pour sœurs. On peut l’assigner à résidence et le garder à disposition de la justice. La détention provisoire n’est pas la seule alternative. Quant à sa maladie, il se soigne depuis 20 ans et sa charge virale est faible. Sa capacité à contaminer autrui est quasi-inexistante. Successivement, le substitut de permanence, le juge d’instruction et le juge des libertés et de la détention nous ont opposé sa séropositivité. En quoi le placer en détention va-t-il le guérir ou empêcher une contamination de la victime ? On utilise sa maladie pour justifier sa détention. Il faut savoir exactement de quoi on parle.” Mais le parquet maintient sa position. “Vous avez eu des rapports non protégés avec cet enfant. Il existe une contrainte morale énorme dans votre différence d’âge et dans le fait religieux. Ce garçon vous considérait comme le représentant de Dieu. Je ne pense pas que la détention provisoire soit scandaleuse. Vous êtes poursuivi pour des viols sur mineur par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction. Il y a des risques de pressions familiales et paroissiales. Je requiers le maintien en détention.” Me Jean-Pierre Gauthier réplique aussitôt : “Il n’est pas question de savoir s’il est scandaleux ou pas qu’il soit en détention, mais de savoir si cela est fondé d’un point de vue juridique.” Après délibéré, les magistrats ont prononcé le maintien en détention.

Frédérique Seigle

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22:53 Écrit par J.D. dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pretre pedophile |  Facebook |

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